La crise malienne

Mali : les forces tchadiennes entrent en action

Le reportage de Sophie Langlois

Un contingent de soldats tchadiens basé au Niger a pris la route du Mali mardi pour prêter main-forte aux troupes françaises et maliennes, tandis qu'à Washington, le Pentagone offre gratuitement des transports aériens aux forces françaises.

Selon l'agence Reuters, le détachement de soldats tchadiens, aguerris au combat dans le désert, a quitté mardi une base de Niamey, au Niger, en direction de la frontière malienne. La destination de ces troupes au Mali n'a pas été révélée.

Ces combattants déployés au Mali dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), sous mandat de l'ONU, font partie des premiers éléments dépêchés dans le pays pour prêter main-forte aux troupes maliennes et françaises qui combattent l'avance des groupes islamistes armés qui occupent tout le nord du pays.

Mardi, les combats se poursuivaient dans le centre du pays au lendemain de la reprise des villes de Diabali et de Douentza lundi par les troupes françaises et maliennes.

L'aviation française a par ailleurs lancé plusieurs frappes aériennes contre des dépôts de carburant et de munition et contre un centre de commandement d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), à Tombouctou, dans le nord du Mali.

Plus de 6000 soldats africains sont attendus au Mali au cours des prochaines semaines pour appuyer les efforts de l'armée malienne et les troupes françaises dont le nombre atteindra bientôt 3000 sur le théâtre des opérations.

Le programme du C-17 modifié

L'avion canadien C-17, qui est actuellement utilisé au Mali pour le transport du matériel et des troupes françaises, a été libéré de ses fonctions ordinaires pour les trois prochains mois.

Cette décision peut indiquer le gouvernement conservateur est sur le point de prolonger sa participation à l'opération française, qui pourrait être s'allonger.

Initialement la mission de l'avion devait durer qu'une semaine, selon ce qu'avait annoncé le premier ministre Stephen Harper. 

L'engagement du Canada doit se terminer jeudi.

Washington offre gratuitement ses avions

Pendant ce temps, le Pentagone a annoncé mardi que les États-Unis n'ont pas l'intention de facturer aux Français les coûts liés au déplacement des avions de transport de l'US Air Force qui acheminent des troupes et du matériel français au Mali.

« Nous avons pris la décision de ne pas demander à ce stade de remboursement ou de compensation aux Français. Ce n'est pas le moment des questions d'argent, mais de réaliser notre objectif commun de contenir les militants dans le nord du Mali », a déclaré un porte-parole du Pentagone aux journalistes.

Selon le Wall Street Journal, Paris avait été irrité que les Américains lui réclament une facture de 19 millions de dollars pour les transports de troupes et de matériel effectués par les avions militaires C17 américains déployés au Mali.

« L'aviation américaine participe désormais à l'opération Serval », a déclaré mardi un porte-parole de l'Africom, basé à Stuttgart, en Allemagne. 

« Nous avons transporté par avion des soldats et du matériel à Bamako en provenance d'Istres. Cela va se poursuivre dans les prochains jours », a précisé le porte-parole de l'Africom.

L'Italie s'implique à son tour

Toujours mardi, la Chambre des députés italienne a de son côté donné son feu vert à l'envoi de trois avions au Mali pour une durée de deux à trois mois. Deux de ces avions sont des avions de transport C130. Le troisième est un 767 de ravitaillement en vol.

À Ottawa, le gouvernement de Stephen Harper, qui a déployé un CC-177 au Mali pour une durée initiale d'une semaine, n'a pas encore annoncé s'il avait l'intention de prolonger ou non le déploiement de cet avion sur le théâtre des opérations.


Composition de la force internationale en cours de déploiement au Mali

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