La crise malienne

Mali : Diabali et Douentza reprises aux islamistes armés

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Des Maliens acclament les troupes françaises et maliennes qui entrent dans Diabali.

Les forces françaises et maliennes ont repris lundi le contrôle des villes de Diabali et Douentza, au Mali.

Des islamistes armés liés à Al-Qaïda avaient pris le contrôle de ces villes il y a une semaine. Les autorités maliennes et françaises ont affirmé avoir réussi à les en expulser.

Des véhicules blindés français patrouillaient dans les rues de la ville, où la vie semblait reprendre son cours normal. Des insurgés se seraient toutefois camouflés au sein de la population, selon des résidents. Une situation qui complique l'intervention des troupes françaises.

La colonne de blindés avait quitté à l'aube la ville de Niono, située à 60 km au sud de Diabali et à 350 km au nord-est de Bamako.

Une carte du Mali Une carte du Mali

L'arrivée des soldats, saluée par les habitants de la localité, avait été précédée par des vols de reconnaissance d'hélicoptères de l'armée française, qui craignait que les combattants n'aient posé des mines en quittant la ville.

Des avions de chasse et des hélicoptères de combat de l'armée française ont effectué des dizaines de frappes au cours du week-end afin de préparer le déploiement terrestre. La France soutient avoir ciblé des « véhicules terroristes » au cours de ces frappes.

Des troupes françaises et maliennes arrivent à Diabali.

Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, a déclaré n'être au fait d'aucune perte de vie civile. Il a indiqué que les frappes avaient causé d'importantes pertes de vie dans les rangs des insurgés et que les forces françaises n'avaient été impliquées que dans des escarmouches.

Quelque 2150 soldats français sont déployés au Mali dans le cadre de l'opération Serval, qui « vise à restaurer la souveraineté du Mali sur son territoire et à conjurer le risque de constitution d'un sanctuaire terroriste au coeur de l'Afrique », a déclaré le ministre Le Drian.

Des troupes africaines sont arrivées à Bamako dimanche. Quelque 400 soldats provenant du Nigeria, du Togo et du Bénin doivent aider à la formation et à l'entraînement d'une force africaine au Mali. Des soldats tchadiens, réputés aguerris et familiers avec le combat en terrain désertique comme celui du nord du Mali, sont également arrivés à Bamako.

Le président de l'Égypte, Mohamed Morsi, a exprimé son désaccord avec l'intervention étrangère au Mali, soulignant le risque d'aggraver les tensions dans cette région. « L'intervention doit être pacifique et [...] des fonds doivent être investis dans le développement. Ce que nous ne voudrons jamais, c'est séparer le Nord arabe du coeur de l'Afrique », a-t-il déclaré à l'ouverture d'une conférence sur le développement en Arabie saoudite.

Entre-temps, le Canada a décidé d'évacuer presque tout le personnel de son ambassade de Bamako, recommandant à tous les Canadiens de quitter le pays. Le ministère des Affaires étrangères soutient que l'assistance aux Canadiens, qui demeureront au Mali malgré des avertissements du gouvernement, sera limitée. Le ministère souligne qu'en plus de l'instabilité qui règne au Mali depuis plus d'un an, il existe des risques élevés liés au terrorisme, aux enlèvements et au banditisme dans le nord du pays.

Par contre, le Canada poursuit ses opérations de livraisons de matériel militaire à l'aide d'un avion CC-177. L'appareil a cependant connu quelques difficultés techniques et a dû rentrer momentanément au pays pour subir des réparations.

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