Viol collectif en Inde : ouverture du procès

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des Indiens manifestent contre le viol collectif et le meurtre d'une jeune étudiante à New Delhi le 18 janvier 2013. Des Indiens manifestent contre le viol collectif et le meurtre d'une jeune étudiante à New Delhi le 18 janvier 2013.  Photo :  AFP/RAVEENDRAN

Les cinq coaccusés du viol collectif et du meurtre d'une jeune étudiante de 23 ans à la mi-décembre, en Inde, ont comparu lundi devant une cour d'assises de la capitale New Delhi, dans un climat de tensions et sous la pression de l'opinion publique.

« Le procès a débuté. L'acte d'accusation a été présenté au juge et les débats commenceront le 24 janvier », a déclaré le procureur Dayan Krishnan, alors que l'affaire était jugée à huis clos.

Les cinq auteurs présumés, âgés de 19 à 35 ans, sont jugés devant une cour spéciale mise sur pied pour traiter ce genre de dossier en accéléré. À leur arrivée au tribunal, ils étaient tous recouverts de foulards, entourés de plusieurs policiers.

Les coaccusés doivent répondre notamment à des accusations de viol, de meurtre, d'enlèvement et de vol, et encourent la peine de mort s'ils sont reconnus coupables.

« Nous avons assez de preuves contre tous les accusés » pour les faire condamner, a déclaré le procureur Rajiv Mohan, citant la « preuve des preuves », soit l'ADN des agresseurs.

Les parents de l'étudiante ont quant à eux demandé une justice rapide et la pendaison. « Il est du devoir de la cour et des juges de faire en sorte que la sentence soit prononcée rapidement et que tous les hommes soient pendus », a affirmé le père de la victime quelques heures avant l'ouverture du procès.

« Aucun homme n'a le droit de vivre après avoir commis un crime si abominable. » — Le père de la victime

La cour a d'ailleurs accepté lundi une requête de la défense pour que le procès ait lieu tous les jours, plutôt que de tolérer les interruptions de plusieurs semaines ou de plusieurs mois qui sont fréquentes devant d'autres tribunaux.

L'avocat de deux des cinq accusés a l'intention de plaider non coupable, accusant la police d'avoir extorqué les aveux des suspects par la torture. L'un d'entre eux, Mukesh Singh, est le frère du chauffeur de l'autobus. L'autre est un journalier du nom d'Akshay Thakur.

Un sixième agresseur présumé, qui affirme avoir 17 ans, doit comparaître ultérieurement devant un tribunal pour mineurs.

Le 16 décembre dernier, l'étudiante a été violée à plusieurs reprises et agressée sexuellement avec une barre de fer dans un autobus de New Delhi. Les agresseurs ont ensuite jeté leur victime et son petit ami hors de l'autobus, avant de tenter d'écraser la jeune femme.

La victime a succombé à ses blessures 13 jours plus tard dans un hôpital de Singapour, après trois interventions chirurgicales et un arrêt cardiaque en Inde.

Les viols collectifs sont courants en Inde, et beaucoup ne font pas l'objet de plaintes puisque les femmes font souvent peu confiance à la police. Les cas de viols à New Delhi ont augmenté de 23 % en 2012 par rapport à l'année précédente. En 2011, un viol était signalé toutes les 20 minutes dans le pays, mais seulement le quart des dossiers portés devant la justice débouchaient sur une condamnation des agresseurs, selon les chiffres du Bureau national des statistiques criminelles.

La nature extrêmement violente de l'agression a provoqué une vague d'indignation sans précédent dans plusieurs villes du pays ainsi qu'un débat national sur le traitement réservé aux femmes et sur l'incapacité des autorités à les protéger.

Le système judiciaire indien est reconnu pour sa lenteur et sa faible efficacité, mais les autorités tentent maintenant d'accélérer les choses afin d'apaiser la grogne populaire.

Le président de la Cour suprême du pays a d'ailleurs ordonné la mise en place de tribunaux spéciaux pour les crimes sexuels et le premier ministre s'est engagé à alourdir les peines prévues pour les auteurs de ces crimes.

À lire sur le même sujet :

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook