La crise malienne

Mali : les soldats français progressent vers le nord

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des blindés français à Bamako, qui s'apprêtent à être déployés au Nord-Mali.

L'armée française a progressé vers le nord du Mali dimanche, dans un but affiché par Paris de « reconquête totale » du pays occupé en partie par des islamistes armés.

Le déploiement est en cours vers les villes de Niono et de Sévaré, selon le porte-parole de l'armée française au Mali.

Niono se situe à 60 km au sud de Diabali, localité prise lundi par les islamistes qui, selon l'armée malienne, l'ont abandonnée après des bombardements français.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian a indiqué dimanche que Diabali n'avait pas encore été reprise par les forces maliennes. « Tout laisse à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent », a-t-il cependant ajouté.

Sévaré, qui dispose d'un aéroport, est une ville-clé d'où peuvent être menées des opérations plus au nord. Elle n'est qu'à 50 km de Konna, reprise jeudi par l'armée malienne aux djihadistes.

Konna, tombée le 10 janvier, avait précipité l'intervention de la France qui redoutait une percée des groupes islamiques liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) vers le sud et Bamako.

Par ailleurs, selon le ministre français de la Défense, les avions français ont bombardé des camps et des bases islamistes près de Tombouctou et de Gao, la plus grande ville du Nord. Il s'agit de frappes pour prévenir une contre-offensive des islamistes, précise l'armée.

Plusieurs sources font état d'un repli des islamistes du centre du pays vers Kidal, dans l'extrême nord-est (à 1500 km de Bamako). Kidal avait été la première ville conquise, en mars 2012, par les rebelles touareg et les islamistes, qui avaient ensuite évincé leurs anciens alliés.

Le groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) a affirmé dimanche avoir tué 60 soldats maliens et abattu deux hélicoptères français depuis le 10 janvier, reconnaissant la perte de huit combattants.

Les autorités maliennes avaient fait état de la mort de onze soldats dans des combats autour de Konna, tandis que Paris avait annoncé la mort d'un pilote d'hélicoptère.

De leur côté, les séparatistes touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé dimanche à l'agence Reuters leur volonté de combattre les groupes islamistes dans le nord du Mali, aux côtés des forces de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest.

La Russie a proposé à la France d'acheminer des troupes ou du matériel français au Mali, a révélé Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères.

Berlin, qui a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transport, a réagi dimanche en promettant une aide financière supplémentaire aux pays africains engagés dans l'opération militaire au Mali, lors de la réunion des donateurs prévue le 29 janvier à Addis Abeba.

L'ombre des représailles

Par ailleurs, des représentants des communautés arabe et touareg du Mali ont dénoncé des exactions commises à leur encontre lors des opérations militaires en cours. L'ONG Human Rights Watch dénonce elle aussi de tels gestes, note l'envoyée spéciale de Radio-Canada au Mali, Sophie Langlois. Les observateurs à Konna auraient vu des militaires maliens y commettre des exactions. À Gao, le commandant djihadiste a ordonné des amputations, et aurait même demandé que l'on coupe la main de son propre frère, parce qu'il refusait de se joindre aux djihadistes. Ce grand frère a été battu à mort samedi par des jeunes de Gao, explique-t-elle.

Suivez l'envoyée spéciale de Radio-Canada au Mali, Sophie Langlois, sur Twitter:


Belmokhtar veut négocier

Mokhtar Belmokhtar dans une vidéo diffusée sur le site internet d'information mauritanien Sahara Media

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L'ancien haut responsable d'AQMI et chef du groupe « Signataires par le sang » qui a planifié l'opération s'exprimait dans une vidéo diffusée dimanche sur le site internet d'information mauritanien Sahara Media.

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