La crise malienne

Algérie : 12 otages tués, plusieurs autres libérés

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Prise d'otages en Algérie

L'assaut de l'armée algérienne pour libérer des otages détenus par un commando islamiste sur un site gazier du Sahara se poursuit vendredi, au moment où des centaines de ressortissants étrangers sont évacués. Un Canadien pourrait être parmi les ravisseurs.

Selon l'agence de presse officielle algérienne APS, 12 otages algériens et étrangers ont été tués depuis le début de l'assaut de l'armée algérienne contre le groupe islamiste. L'APS ne donne pas pour le moment de précisions sur les nationalités des victimes.

Toutefois, le département d'État américain a confirmé vendredi qu'un Américain se trouve parmi les victimes.

Plus tôt, l'agence avait indiqué que 18 terroristes avaient été neutralisés par les forces spéciales algériennes, qui ont par ailleurs libéré une centaine d'otages étrangers. Trente autres demeurent toutefois portés disparus.

Les forces spéciales algériennes ont repris le contrôle de la « base de vie » (bureaux de l'administration) du site gazier d'In Amenas, mais pas encore de l'usine, où seraient toujours retranchés quelques preneurs d'otages.

Des centaines de personnes évacuées

Le groupe pétrolier britannique BP, qui exploite le site d'In Amenas aux côtés du norvégien Statoil et de l'algérien Sonatrach, a par ailleurs annoncé vendredi que trois vols avaient quitté l'Algérie la veille avec 11 de ses employés ainsi que plusieurs centaines de salariés d'autres entreprises. Un quatrième vol est prévu vendredi.

Un avion, qui s'était posé ce matin sur le site gazier, dans l'est de l'Algérie, a par ailleurs quitter le pays pour évacuer des ressortissants américains.

Un otage libéré fait un compte rendu des événements à la télévision algérienne. Un otage libéré fait un compte rendu des événements à la télévision algérienne.  Photo :  Télévision algérienne/Télévision algérienne

Douze otages algériens et étrangers auraient été tués depuis le lancement de l'opération de l'armée contre le groupe islamiste, a annoncé vendredi une source sécuritaire, citée par l'agence officielle APS. Une source des services de sécurité algériens rapportait toutefois à l'agence Reuters, un peu plus tôt en journée, qu'au moins 30 otages, dont un Français, deux Britanniques, deux Japonais et huit Algériens, avaient péri.

Des sources islamistes avancent aussi que sept ressortissants étrangers seraient toujours entre les mains des ravisseurs. Trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique seraient toujours retenus. Ces informations n'ont pas été confirmées.

D'après cette même source, 18 djihadistes au moins, dont un ressortissant français et le chef du commando djihadiste, Tahar ben Chened, ont également trouvé la mort lors de l'opération.

Un Canadien parmi les ravisseurs?

L'agence de presse mauritanienne Ani rapporte qu'un Canadien figure parmi les ravisseurs. On compterait également des Égyptiens, des Tunisiens, des Libyens, des Nigériens et des Mauritaniens.

Ottawa a fait savoir vendredi après-midi que le gouvernement était au courant qu'un ressortissant canadien « pourrait être impliqué dans la prise d'otages ». « Nous continuons par tous les moyens appropriés de demander des informations complémentaires et nous communiquons constamment avec les autorités algériennes », affirme le ministère des Affaires étrangères canadien.

« Le Canada condamne vivement cette attaque déplorable et lâche, ainsi que tous les groupes terroristes qui cherchent à créer et à perpétuer l'insécurité dans les pays du Sahel de l'Afrique occidentale », poursuit-il.

Une opération critiquée

Jeudi matin, les autorités algériennes ont décidé de donner l'assaut contre le groupe islamiste qui affirmait détenir 41 étrangers et des centaines de travailleurs algériens. L'attaque-surprise a été revendiquée par la brigade des Moulathamine, de Mokhtar Belmokhtar.

Le groupe, qui réclame notamment l'arrêt des opérations françaises au Mali, menace de faire d'autres attentats et invite la population à se tenir à « l'écart des lieux d'implantation des compagnies étrangères ».

Plusieurs pays dont des ressortissants figuraient parmi les otages se sont faits critiques face à l'attitude des autorités algériennes, « regrettant » ne pas avoir été informés au préalable de l'assaut et de ne disposer que de peu de détails sur l'issue de celui-ci.

Face aux critiques, une source gouvernementale algérienne, citée par l'APS, a indiqué que l'assaut, mené dans des conditions « extrêmement complexes », avait évité un « véritable désastre ». Cette source a fait état d'un groupe doté d'un véritable arsenal de guerre composé de missiles, lance-roquettes, grenades, fusils-mitrailleurs et fusils d'assaut.

En complément

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

info en continu

Facebook