Mali : l'intervention française aurait fait une centaine de morts

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Alexandra Szacka fait le point sur les opérations françaises en Afrique.

L'offensive française contre les rebelles islamistes du Nord du Mali s'est intensifiée, samedi, causant la mort de « plus de 100 personnes » autour de la ville de Konna, selon le gouvernement malien.

L'armée malienne a enregistré 11 morts et une soixantaine de blessés parmi ses effectifs. Un officier français a été tué lors des combats contre les islamistes à Konna, selon le président malien, Dioncounda Traoré.

« De lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires », a déclaré le président français François Hollande à la suite d'un conseil de défense à Paris, ajoutant que l'intervention française « n'a pas d'autre but que la lutte contre le terrorisme ». Le niveau de sécurité a d'ailleurs été rehaussé en France par crainte d'attentat.

D'autres frappes aériennes françaises ont eu lieu au cours de la nuit et samedi matin. Des centaines de soldats français ont également été déployées dans la capitale, Bamako, dès vendredi soir. L'armée malienne affirme que ses troupes ont repris le contrôle de la ville de Konna, une ville stratégique située près de Mopti, à 450 kilomètres au nord de la capitale, qui était aux mains des rebelles.

La France s'est engagée officiellement vendredi auprès des troupes maliennes, à la demande du gouvernement intérimaire malien, pour lutter contre les groupes islamistes armés qui contrôlent le nord du pays depuis plusieurs mois et qui tentent maintenant une poussée vers le sud. Le président français n'a pas précisé la durée de cette opération, indiquant qu'elle « durera le temps nécessaire ». Mentionnons que 6000 ressortissants français se trouvent au Mali.

Par ailleurs, le gouvernement malien a décrété l'état d'urgence dans l'ensemble du pays.

Depuis vendredi, la France mène aussi une opération en Somalie qui implique la vie d'otages et de soldats français. Les deux interventions se déroulent en Afrique subsaharienne, mais sont indépendantes.
Groupe islamiste malien

De nombreux appuis à la France

Plusieurs pays africains ont annoncé samedi leur intention de fournir des soldats pour la poursuite de l'opération.

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a annoncé samedi qu'elle entamera d'ici lundi son déploiement militaire au Mali. Le Nigéria enverra un contingent au sein de ces troupes, la MISMA (Force internationale de soutien au Mali), autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le Niger et le Burkina Faso feront de même, avec l'envoi de 500 soldats chacun.

« L'action de la France est saluée par l'ensemble de la communauté internationale et les pays africains », a dit François Hollande, qui a eu plusieurs de ses homologues au téléphone dans la journée.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été reçu à l'Elysée qui a indiqué que le président de la Commission a «réaffirmé le soutien de l'Union européenne à la défense de l'intégrité du Mali et donc à l'intervention militaire en cours ».

Le premier ministre britannique, David Cameron, a pour sa part annoncé samedi que le Royaume-Uni aiderait la France dans cette affaire.

Inquiet de la progression des milices islamistes dans cette partie de l'Afrique, le Conseil de sécurité de l'ONU avait autorisé en décembre l'envoi dans le pays d'une force multinationale de 3000 hommes, qui devait être majoritairement composée de soldats de pays membres de l'Union africaine. Le déploiement ne devait pas être effectif avant septembre 2013.

Profitant de l'instabilité provoquée par un coup d'État en avril dernier, les groupes islamistes Ansar Dine, l'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) se sont alliés au mouvement séparatiste touareg (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) pour s'emparer du nord du Mali par les armes. Ces groupes armés ont bouté les soldats gouvernementaux hors du Nord malien en quelques jours seulement. Il y ont depuis imposé la charia aux populations locales.

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