Assassinat de trois activistes kurdes à Paris

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Militantes kurdes tuées

Le président français, François Hollande, a dénoncé l'assassinat « horrible » de trois activistes kurdes, dont les corps ont été retrouvés à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi.

« C'est horrible. C'est directement trois personnes dont l'une était connue de moi et de beaucoup d'acteurs politiques parce qu'elle venait régulièrement nous rencontrer », a soutenu François Hollande, en précisant qu'il faudrait attendre les résultats de l'enquête pour en savoir plus sur le meurtre.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui s'est rendu sur les lieux du drame dans la matinée a déclaré que les victimes avaient été « sans doute exécutées ». Ce sont les brigades antiterroristes qui enquêteront sur les assassinats.

Règlement de comptes ou crime politique

À Ankara, le vice-premier ministre et porte-parole du gouvernement, Bülent Arinç, a dénoncé cet « acte déplorable ».

« Je dénonce une telle atrocité commise sous la forme d'une exécution extra-judiciaire. » — Bülent Arinç

Le vice-président du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, Hüseyin Celik, a déclaré que la mort des militantes kurdes apparaissait comme un « règlement de comptes » au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

« C'est un crime politique, il n'y a pas de doute », a affirmé, pour sa part, le président du Congrès du peuple du Kurdistan, Remzi Kartal. « Öcalan et le gouvernement turc ont entamé un processus de paix, ils veulent dialoguer, mais il y a des partis qui sont contre la résolution de la question kurde et veulent saborder le processus de paix », a-t-il ajouté.

La Turquie a récemment engagé un processus de dialogue avec Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du PKK, dans l'objectif de désarmer les rebelles.

Des exécutions sommaires

Les corps des trois militantes ont été découverts jeudi matin dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan, dans le 10e arrondissement de Paris. Trois douilles ont été retrouvées au sol. Selon une source proche de l'enquête, les trois femmes ont été au touchés par au moins une balle à la tête.

La Fédération des associations kurdes de France a présenté les victimes comme étant Fidan Dogan, 32 ans, présidente du Centre d'information kurde, Leyla Soylemez, une « jeune activiste » et Sakine Cansiz, qui serait, selon plusieurs témoignages de membres de la communauté kurde, la principale visée. Âgée de 55 ans, Mme Cansiz était une des fondatrices du PKK. Elle a été emprisonnée en Turquie pendant plusieurs années avant de se réfugier en France

 

Des membres de la communauté kurde manifestent rue Lafayette, à Paris, où ont été tuées les activistes. Des membres de la communauté kurde manifestent rue Lafayette, à Paris, où ont été tuées les activistes  Photo :  AFP/THOMAS SAMSON

 

Des centaines de Kurdes se sont rassemblés devant l'immeuble où les corps ont été retrouvés, scandant « Nous sommes tous PKK! », « Turquie assassin, Hollande complice! », et agitant des drapeaux à l'effigie d'Abdullah Öcalan. Les cris et les slogans ont redoublé d'intensité quand les trois corps enveloppés dans des housses bleues ont été évacués. Une banderole proclamait en kurde « Nous nous vengerons ».

 

Le PKK, considéré comme une organisation « terroriste » par Ankara, les États-Unis et l'Union européenne, est tenu par les autorités turques pour responsable de la mort de plus de 40 000 personnes depuis qu'il a pris les armes, en 1984, afin d'obtenir un statut d'autonomie pour les Kurdes de Turquie.

 

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