Le monde arabe en mutation

Syrie : le médiateur de l'ONU critique sévèrement Al-Assad

Lakhdar Brahimi à Damas (archives) Lakhdar Brahimi à Damas (archives)  Photo :  AFP/STR

C'est la première fois que le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, sort de sa réserve diplomatique, qualifiant le discours de Bachar Al-Assad de « sectaire » et « partial ».

Réagissant à l'allocution du président syrien de dimanche dans laquelle il présentait son plan de sortie de crise, rejeté par ailleurs quasi unanimement, le diplomate a considéré que le discours d'Al-Assad ne présentait rien de nouveau. Il s'agit, selon lui, de la « répétition d'initiatives anciennes qui n'ont clairement pas marché ».

Il a rappelé qu'en 2012, « l'élection » d'un nouveau Parlement et d'un nouveau gouvernement ainsi que l'adoption d'une nouvelle constitution n'avaient pas amélioré la situation « d'un iota ».

« En Syrie, comme ailleurs, nos peuples dans la région réclament un véritable changement, pas un changement cosmétique. [...] Ce que les gens disent c'est qu'une famille qui règne pendant 40 ans, c'est un peu trop long. Je pense que le président Assad pourrait prendre l'initiative de répondre aux aspirations de son peuple, plutôt que d'y résister », a-t-il déclaré.

Les propos de M. Brahimi surviennent deux jours avant une réunion qu'il doit tenir avec des représentants russes et américains à Genève.

Les deux puissances n'arrivent pas à s'entendre sur le sort du président syrien. Alors que les Américains exigent son départ, les Russes estiment que c'est aux Syriens de décider du sort de leur président.

Au sujet du dernier discours d'Al-Assad, les Russes estiment qu'il faut « tenir compte de certaines idées avancées », tandis que les puissances occidentales et l'opposition le rejettent intégralement.

« Le plan de sortie de crise » annoncé dimanche ne converge pas avec les propositions de M. Brahimi. Pourtant, le gouvernement syrien a déclaré à plusieurs reprises qu'il soutenait la démarche du diplomate algérien.

M. Brahimi soutient que l'issue de la crise commence par la formation d'un gouvernement de transition qui détient entre ses mains tous les pouvoirs, mais le plan de Bachar Al-Assad prévoit une période de transition contrôlée par le régime.

Damas a reconnu avoir échangé 2135 détenus contre 48 otages iraniens détenus par les rebelles. Lire notre nouvelle à ce sujet.

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