Nomination de Chuck Hagel : Israël réagit prudemment

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
L'ex-sénateur du Nebraska, Chuck Hagel

La classe politique israélienne a réagi de façon prudente à la nomination de l'ex-sénateur républicain Chuck Hagel comme secrétaire de la Défense américaine par le président Barack Obama.

Mardi, le président du Parlement israélien, Réuven Rivlin, a fait part de certaines de ses inquiétudes à la presse en ce qui concerne la nomination de Chuck Hagel à la tête du Pentagone.

M. Rivlin entretient des doutes sur l'engagement de Chuck Hagel envers la défense d'Israël en raison de certains propos passés sur l'influence du lobby juifà Washington et de son opposition à l'adoption de sanctions contre l'Iran.

« La théorie du « splendide isolement », défendue par Hagel modifie la stratégie américaine dans le monde. (...) Cette conception doit susciter l'inquiétude d'Israël, mais ne doit pas lui faire peur. » — Réuven Rivlin, président de la Knesset

Le ton était cependant plus prudent au sein du cabinet du premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Le ministre chargé de la Défense civile, Avi Dichter, a invité les Israéliens à ne pas tirer de conclusions hâtives sur la nomination l'ex-sénateur Hagel.

« Il y a eu dans le passé des nominations [américaines] qui paraissaient inquiétantes, mais en fin de compte la réalité a été totalement différente, que cela soit en bien ou en mal », a précisé Avi Dichter sur les ondes de la radio publique israélienne.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, s'est pour sa part déclaré favorable au choix de Chuck Hagel comme secrétaire américain à la Défense. À son avis, l'ancien sénateur du Nebraska considère Israël comme un allié véritable et naturel des États-Unis.

Les réserves exprimées par certains membres de la classe politique israélienne sur la nomination de Chuck Hagel rejoignent les critiques de l'opposition républicaine aux États-Unis, qui reproche à M. Hagel sa tiédeur envers la cause israélienne.

Les républicains, dont il est lui-même issu, reprochent entre autres à Chuck Hagel de s'être opposé par le passé à des sanctions contre la Libye et l'Iran, mais aussi d'avoir critiqué l'influence du « lobby juif » à Washington.

Une image que Chuck Hagel a tenté de faire oublier lundi en répétant dans une entrevue accordée au Lincoln Journal Star que son bilan témoignait de son « soutien sans équivoque et total envers Israël ». « Il n'y a pas l'ombre d'une preuve que je suis anti-Israël », s'est défendu Chuck Hagel dans les pages du Lincoln Journal Star.

Quant à son opposition à l'adoption de sanctions contre l'Iran, M. Hagel a expliqué s'y être opposé, car il trouvait que cette solution était « contre-productive » et qu'elle ne réglait en rien, selon lui, le problème avec Téhéran. « Faire avancer le processus de paix au Proche-Orient est dans l'intérêt d'Israël », a poursuivi M. Hagel.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la Défense, Ehud Barak, se sont quant à eux abstenus jusqu'ici de tout commentaire sur la nomination de Chuck Hagel.

Rappelons que le gouvernement américain fournit chaque année plusieurs milliards de dollars d'aide et d'équipements militaires à l'État hébreu.

Téhéran espère un changement dans la politique étrangère américaine

La nomination de M. Hagel n'est pas non plus passée inaperçue à Téhéran où un porte-parole du gouvernement iranien a dit espérer mardi que son arrivée à la Défense entraînerait des « changements pratiques » dans la politique étrangère américaine. Téhéran a aussi dit espérer que Washington se montrerait plus respectueux du droit des nations.

Pendant ce temps, à Washington, les républicains laissent planer le doute sur l'entrée en poste de Chuck Hagel, car pour être effective, cette nomination présidentielle doit être entérinée par les membres du Sénat et de la Chambre des représentants dans laquelle les républicains détiennent une majorité de sièges.

Outre Chuck Hagel à la Défense, le président Barack Obama a nommé lundi son conseiller à la lutte antiterroriste, John Brennan, au poste de directeur de la CIA.

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