Le discours d'Al-Assad est loin de faire l'unanimité

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Les dirigeants du CCCND Hassan Abdel Azim (centre), Raja Nasir (à droite) et Akram al-Akrami (à gache)

Le discours du président syrien, Bachar Al-Assad, prononcé dimanche et dans lequel il présentait un plan de sortie de crise est rejeté par quasiment tout le monde. Seul l'Iran a bien accueilli le discours, tandis que les alliés habituels, la Chine et la Russie, sont restés muets.

Même l'opposition syrienne de l'intérieur, tolérée par le régime, a rejeté le plan.

Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que le discours « ne contribue pas à une solution susceptible de mettre fin aux souffrances terribles du peuple syrien ».

Pour Ban Ki-moon, le plan d'Al-Assad est inefficient, car il « rejette l'élément le plus important de la Déclaration de Genève [...] : une transition politique et l'instauration d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs et comprenant des représentants de tous les Syriens ».

Le plan de Genève adopté en juillet 2012 par les Russes et les Américains prévoit un gouvernement de transition formé par des membres de l'opposition et du régime, mais sans préciser si le président Bachar Al-Assad devait rester au pouvoir ou pas. C'est ce plan qui est défendu par le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi.

Cependant, le secrétaire général de l'ONU n'est pas découragé pour autant. Il dit qu'il continue avec l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi « d'oeuvrer à une solution politique au conflit ».

Par ailleurs, M. Brahimi tente d'organiser une nouvelle rencontre trilatérale avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, et le secrétaire d'État adjoint américain, William Burns.

Les factions de l'opposition syrienne

Hassan Abdel Azim, qui dirige le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), a annoncé lors d'une conférence de presse à Damas qu'il ne participerait « pas au dialogue national avant l'arrêt des violences, la libération des détenus, la garantie que l'aide humanitaire puisse parvenir aux régions touchées et que des éclaircissements soient apportés sur le sort des disparus ».

Cette coalition souligne que la négociation doit se faire sous l'égide de Lakhdar Brahimi. « Il n'y aura pas de négociation ou de dialogue directs entre nous et le régime », a indiqué M. Abdel Azim.

Raja al-Nasser, secrétaire du bureau exécutif du CCCND, a qualifié l'allocution d'Al-Assad de « discours de guerre ».

Dans son discours dimanche, le président syrien a proposé une « solution politique » incluant son maintien au pouvoir. Il a de nouveau affirmé que son armée défendait le pays face à des « terroristes », se refusant à reconnaître les revendications des rebelles.

Les puissances occidentales ont vivement critiqué ce discours. Après les réactions outrées de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et des États-Unis, la France a dénoncé lundi « le déni de réalité » du dirigeant syrien et demandé une nouvelle fois son départ.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé M. Al-Assad de « terrorisme d'État ».

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hussein Amir Abd Alahian, a indiqué lundi que le plan d'Al-Assad a été discuté dans les détails à Téhéran avant qu'il ne soit annoncé par le président syrien dimanche.

Selon lui, ce plan mérite un appui régional et international, car « il y a deux solutions en Syrie : soit la poursuite de la situation actuelle, soit une solution politique négociée », a-t-il assuré.

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