Côte d'Ivoire : un deuil national et une enquête sur la tragédie

Le président ivoirien Alassane Ouattara rend visite à des blessés à l'hôpital. Le président ivoirien Alassane Ouattara rend visite à des blessés à l'hôpital.  Photo :  AFP/HERVE SEVI

Les survivants d'un mouvement de foule massif en Côte d'Ivoire au cours duquel 61 personnes ont été piétinées, la plupart des femmes et des enfants, ont indiqué mercredi que des barricades improvisées les ont empêchés de se déplacer le long d'un grand boulevard, ce qui aurait causé la tragédie.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a ordonné trois jours de deuil national et a lancé une enquête sur la cause de la tragédie, mais deux survivants, en entrevue avec l'Associated Press, ont expliqué pourquoi, selon eux, tant de personnes ont péri sur le boulevard de la République, qui aurait dû être ouvert à la circulation.

La police de la Côte d'Ivoire a affirmé pour sa part que des gens non identifiés avaient placé trois camions sur le boulevard. Une porte-parole a précisé que la police avait rouvert plusieurs voies de circulation après le spectacle pyrotechnique, mais n'avait pas encore écarté ces trois véhicules.

Quelque 50 000 personnes s'étaient rassemblées au stade Félix Houphouët-Boigny et ailleurs dans le quartier du plateau d'Abidjan pour voir un spectacle pyrotechnique. Lorsqu'elles ont quitté les lieux, elles se sont heurtées à des barricades.

Une survivante, Zoure Sanate, a raconté la tragédie depuis son lit de l'hôpital Cocody, où elle était hospitalisée avec deux de ses quatre enfants. Les deux autres, qui étaient également avec elle lors du mouvement de foule, sont toujours portés disparus.

Près du palais de justice, a-t-elle expliqué, la foule a été arrêtée par des gens qui avaient mis des barrières de bois dans la rue, disant que les fêtards devaient rester dans ce quartier jusqu'au lendemain matin, ce que la foule a refusé de faire. Un autre survivant, Brahima Compaore, a raconté qu'il avait également été pris dans la foule qui avait été stoppée par les barricades.

« Je me suis retrouvé sur le sol et les gens me marchaient dessus. J'ai seulement été sauvé par des gens qui m'ont tiré sur le trottoir », a-t-il confié.

Des médias locaux ont suggéré que des brigands avaient mis en place des barricades dans le but de voler de l'argent et des téléphones cellulaires.

Le gouvernement Ouattara avait organisé ce spectacle pyrotechnique afin de souligner le climat pacifique qui règne en Côte d'Ivoire, après les mois de violence qui ont suivi les élections présidentielles contestées de 2011. C'était la deuxième année consécutive que de tels feux d'artifice illuminaient le ciel d'Abidjan pour le Nouvel An.

Associated Press

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