Mur budgétaire : le Sénat entérine un accord sur la fiscalité

Radio-Canada avec Agence France-Presse, La Presse Canadienne et Reuters
Le Capitole de Washington D.C. Le Capitole de Washington D.C.  Photo :  AFP/ALEX WONG

Deux heures après la date butoir, le Sénat américain a approuvé l'entente conclue in extremis entre la Maison-Blanche et les leaders républicains du Congrès afin d'éviter le mur budgétaire.

Le vice-président, Joe Biden, et le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avaient conclu quelques heures auparavant un compromis qui reportera les sévères compressions de deux mois, tout en mettant 98 % des contribuables à l'abri d'une augmentation d'impôts et en assurant que 2 millions de chômeurs continuent à recevoir leurs prestations.

Le Sénat a approuvé le texte dans la nuit de lundi à mardi par une majorité écrasante de 89 voix contre 8, première étape pour éviter la cure d'austérité qui risquerait de plonger le pays dans la récession. Mais la Chambre des représentants - à majorité républicaine - ne se prononcera que mardi midi sur la question et une fois l'aval du Congrès confirmé, l'accord doit ensuite être promulgué par le président Barack Obama pour avoir force de loi.

Les États-Unis ont donc techniquement frappé le mur budgétaire à minuit, ce qui entraînera l'entrée en vigueur de hausses d'impôts et des baisses des dépenses publiques, mais cela ne devrait avoir que peu d'impact puisque le 1er janvier est un jour férié et que les marchés financiers sont fermés.

Barack Obama rend compte des derniers développements concernant le mur budgétaire.

En début d'après-midi lundi, le président américain, Barack Obama, avait laissé entendre qu'une entente était en vue. Même son de cloche du côté républicain, alors que le sénateur McConnell avait indiqué qu'un compromis avait été obtenu sur la question des impôts, mais que celle des compressions budgétaires posait encore problème.

« Ils sont proches d'un terrain d'entente, mais ils n'y sont pas encore. Et s'il y a une chose sur laquelle nous pouvons compter, c'est que même s'il ne reste qu'une seule seconde pour qu'ils fassent ce qu'ils ont à faire, ils vont utiliser cette dernière seconde. » — Barack Obama

L'entente, telle qu'elle se dessine en ce moment, comprend un gel des taxes pour la classe moyenne, mais aussi le prolongement des crédits d'impôt pour les familles ainsi que le prolongement des crédits aux entreprises vertes. L'assurance chômage sera elle aussi prolongée d'un an, tandis que les impôts des Américains les plus aisés (2 % de la population) seront haussés, a exposé Barack Obama.

Selon cet accord, le taux d'imposition des Américains gagnant plus de 400 000 $ et celui des familles gagnant plus de 450 000 $ par an passerait à 39,6 %, contre 35 % actuellement. 

 « Gardez en tête que la menace de la hausse des taxes ne représente qu'une partie du mur budgétaire dont tout le monde parle », a insisté le président américain.

Si aucun accord n'intervient au cours des prochains jours, les conséquences du mur budgétaire se feront réellement sentir. Les mesures d'austérité qui se mettraient en place retireront 600 milliards de dollars de l'économie américaine et provoqueront une hausse du chômage.

Ces effets risquent de faire retomber la première économie mondiale dans la récession, ont prévenu plusieurs économistes.

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