Le monde arabe en mutation

Syrie : sans solution politique ce sera l'enfer, croit l'émissaire de l'ONU

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov  Photo :  AFP/Kirll Kudyavtsev

La poursuite de la guerre civile en Syrie pourrait plonger la région tout entière dans le chaos si elle entraînait un exode de réfugiés, car ceux-ci ne pourront être accueillis par les pays voisins, a prévenu samedi l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi.

L'émissaire n'a pas été en mesure d'affirmer que des progrès avaient été effectués sur le front diplomatique à l'issue de sa rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

Tout ce que les deux hommes ont pu déclarer lors du point de presse ayant suivi leur échange, samedi, c'est que la crise qui fait rage depuis 21 mois en Syrie ne pourrait être résolue que par des moyens politiques, et ce, même si les deux parties en cause ne semblent pas intéressées par un compromis.

De passage à Moscou pour une journée, Lakhdar Brahimi s'est dit préoccupé par l'escalade de la violence en Syrie et a suggéré que le conflit devenait « de plus en plus confessionnel. » Un peu plus tôt cette semaine, il s'était entretenu avec le président syrien Bachar Al-Assad.

L'envoyé spécial a averti que « s'il y avait un mouvement de panique à Damas et qu'un million de gens quittaient la ville en panique, il n'y avait que deux endroits où ils pourraient aller, soit le Liban et la Jordanie. »

Or, ni le Liban, ni la Jordanie, ne sont en mesure d'accueillir 500 000 réfugiés, a soutenu M. Brahimi.

Si « la seule alternative est vraiment l'enfer ou un processus politique, alors nous devons tous travailler sans relâche sur un processus politique », a ajouté Lakhdar Brahimi.

La Russie est la principale alliée du régime de Bachar Al-Assad depuis le début de l'insurrection, en mars 2011. Moscou a notamment utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer l'adoption de toute résolution susceptible d'exposer son allié du Moyen-Orient à des sanctions internationales.

Sergeï Lavrov a réaffirmé, samedi, que la Russie continuerait à s'opposer à ce type de résolution.

Et s'il a encore tenu à préciser que la Russie « ne s'accrochait pas à Bachar Al-Assad », elle continuait néanmoins de croire que les opposants étaient « improductifs » en demandant la démission du président syrien avant d'entamer un dialogue.

On estime que les hostilités en Syrie ont fait environ 40 000 victimes jusqu'à présent.


Associated Press

 

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