Précipice budgétaire : pas d'accord en vue à quatre jours de la date butoir

Radio-Canada avec Associated Press
Le président américain Barack Obama avec, à sa droite, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, et le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner Le président américain Barack Obama avec, à sa droite, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, et le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner  Photo :  AFP/TOBY JORRIN

Le président Barack Obama retrouve ce matin les chefs de file du Congrès pour tenter d'éviter in extremis une cure d'austérité radicale aux États-Unis le 1er janvier, sur fond de pessimisme quant à la perspective d'un accord avec ses adversaires républicains.

Après avoir écourté ses vacances des fêtes, le président Barack Obama a été accueilli par les prédictions pessimistes du chef de file de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, qui a estimé que les États-Unis se dirigeaient tout droit vers le « précipice budgétaire ».

Alors que le Sénat siège et qu'il ne reste que quatre jours avant la date butoir, M. Reid et d'autres démocrates ont critiqué le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, pour ne pas avoir rappelé au travail les membres de la Chambre.

M. Reid a estimé que M. Boehner se souciait plus de conserver sa position de chef que de résoudre la dispute partisane sur les hausses d'impôts et les coupes budgétaires.

Les démocrates veulent maîtriser le déficit en augmentant les impôts des Américains les plus riches, ce que les républicains refusent. Les républicains réclament plutôt des réductions budgétaires dans les programmes sociaux fédéraux.

Le porte-parole de M. Boehner, Brendan Buck, a répondu en affirmant : « Harry Reid devrait parler moins et légiférer plus s'il veut éviter le précipice budgétaire ».

Épreuve de force

Ce dossier est la première épreuve de force du président Obama depuis qu'il a été réélu pour un deuxième mandat en novembre. En jeu, il y a les baisses d'impôts de l'ère Bush qui expireront automatiquement le 31 décembre pour faire place aux taux d'imposition plus élevés de l'ère Clinton. Presque tous les Américains et toutes branches du gouvernement, y compris l'armée, seraient touchés.

Les deux camps discutent aussi de coupes dans les programmes fédéraux. Ces changements s'inscrivent dans la nécessité pour le gouvernement de maîtriser son déficit budgétaire chronique, un dossier longuement repoussé.

Barack Obama s'est entretenu au téléphone mercredi avec les chefs de file du Congrès, Harry Reid, John Boehner, le chef républicain au Sénat, Mitch McConnell, et la chef de file de la minorité démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi.

La Maison-Blanche a indiqué que le président avait reçu une mise à jour sur les négociations, mais n'a pas précisé qui exactement participait aux négociations et n'a pas dit si les discussions avaient progressé.

Un projet de loi démocrate

La grande question à Washington est de savoir si les démocrates au Sénat présenteront leur propre projet de loi, si les républicains permettraient d'organiser un vote au Sénat et si John Boehner accepterait de rappeler les membres de la Chambre à Washington pour voter sur ce texte. Toutes ces questions restent non résolues pour l'instant et les chances de conclure un accord d'ici la fin de l'année semblent de plus en plus minces.

La Chambre des représentants se réunira dimanche soir, ont déclaré des responsables sous le couvert de l'anonymat, parce que l'information n'avait pas encore été annoncée publiquement.

Pour ne rien arranger, le secrétaire au Trésor a prévenu mercredi que le gouvernement atteindrait son plafond d'endettement le 31 décembre.

Timothy Geithner a déclaré au Congrès qu'il faudrait « des mesures extraordinaires permises par la loi » pour repousser un défaut de paiement du gouvernement. Mais il a ajouté que l'incertitude quant à l'issue des négociations sur le précipice budgétaire rendait difficile de déterminer combien de temps ces mesures permettront de gagner.

Seul le Congrès a l'autorité d'augmenter la limite d'endettement du gouvernement.

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