Manifestations après un viol collectif en Inde : la police bloque le centre de New Delhi

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le récit de Luc Lapierre

Les autorités indiennes ont fermé plusieurs routes dans le coeur de la capitale New Delhi pour une deuxième journée de suite, mardi, afin de mettre fin à une semaine de manifestations visant à dénoncer le viol d'une jeune femme qui a été perpétré par une bande de jeunes à bord d'un autobus.

Des milliers de policiers armés et des troupes paramilitaires ont bloqué des routes du centre de New Delhi pour empêcher les manifestants de se rendre au palais présidentiel.

Un peu plus tôt, les autorités avaient confirmé la mort d'un policier qui avait été blessé lors des affrontements de dimanche. Le policier, âgé de 47 ans, avait été déployé dimanche près de la Porte de l'Inde, un des monuments emblématiques de Delhi, autour duquel s'étaient rassemblés les manifestants. Il avait été attaqué et battu par un groupe. Admis à l'hôpital, il y est mort deux jours plus tard, a indiqué le porte-parole de la police de New Delhi. Au total, une cinquantaine de policers ont été blessés lors d'affrontements avec la foule. Les autorités ont ensuite interdit à la circulation une bonne partie du centre de la capitale. Les autorités ont déposé des accusations de meurtre à l'endroit de certains manifestants, a indiqué un porte-parole de la police, Rajan Bhagat.

En Inde, les manifestations en lien avec le viol d'une jeune étudiante se poursuivent En Inde, les manifestations en lien avec le viol d'une jeune étudiante se poursuivent  Photo :  AFP/Andrew Caballero-Reynolds

Les manifestations se sont poursuivies malgré l'assurance du gouvernement indien de considérer la possibilité que les six suspects arrêtés dimanche dans ce dossier de viol puissent faire face à la peine de mort.

Appel au calme du premier ministre

Hier, après des jours de manifestations parfois violentes en lien avec le viol collectif, le premier ministre a lancé un appel au calme. Manmohan Singh s'est engagé à faire tout en son pouvoir pour assurer la sécurité des femmes. Il a demandé à la population de faire preuve de calme.

Les Indiens manifestent leur colère depuis plus d'une semaine pour dénoncer le viol collectif d'une étudiante de 23 ans survenu dans un autobus de New Delhi, la capitale. La jeune femme a été agressée pendant plusieurs heures par six hommes, qui l'ont ensuite battue et jetée de l'autobus. Elle a subi de graves blessures internes et se trouve toujours à l'hôpital.

« Il y a une colère et une angoisse réelles et justifiées après cet événement atroce », a mentionné M. Singh dans un communiqué, faisant référence aux manifestations, qui ont parfois dégénéré en violence entre participants et policiers.

« Je suis sincèrement attristé par la tournure des événements qui ont mené à des affrontements entre les manifestants et la police. Je vous assure que je vais faire tous mes efforts pour assurer la sécurité de toutes les femmes de ce pays » — Le premier ministre de l'inde, Manmohan Singh

Hier, le ministre de l'Intérieur a déclaré que le gouvernement pourrait envisager d'imposer la peine de mort pour certains types de viol.

La violence contre les femmes en Inde

New Delhi est surnommée la « capitale du viol » en raison du nombre d'agressions qui y sont commises. Depuis le début de l'année, 661 viols ont été signalés dans la ville, une hausse de 17 % par rapport à l'année précédente. En 2011, près 230 000 crimes violents commis sur des femmes ont été enregistrés en Inde.

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