Égypte : l'armée s'efface, l'opposition appelle à voter contre le projet de constitution

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des soldats devant le palais présidentiel Des soldats devant le palais présidentiel  Photo :  AFP/GIANLUIGI GUERCIA

Aussitôt revenue sur la scène politique, aussitôt repartie. L'armée égyptienne a finalement renoncé à la rencontre de dialogue à laquelle elle avait convié la veille la classe politique, la société civile et la présidence égyptienne.

L'armée n'a pas clairement expliqué sa décision tout en indiquant que « les réactions (à cette initiative) n'ont pas rempli les attentes ».

Pourtant l'opposition, regroupée au sein du Front du salut national, a donné son accord pour la rencontre prévue pour mercredi.

Mais il appert que c'est la présidence de la République qui a refroidi les ardeurs de l'armée. Dans un communiqué publié mardi dans la soirée, la présidence insinuait qu'elle n'accueillait pas favorablement l'invitation de l'armée, précisant que tout dialogue national devait se tenir au siège de la présidence.

L'armée voulait organiser la rencontre dans un complexe sportif militaire.

Ainsi, le président Mohamed Morsi a saisi l'occasion pour montrer qu'il est le seul maître à bord et remettre l'armée, qui était au coeur du système politique durant l'ère de Hosni Moubarak, à sa place, c'est-à-dire la caserne.

L'opposition appelle à voter non au projet de constitution

Le Front de salut national (FSN), regroupant les partis de gauche et libéraux opposés au président Morsi, a appelé mercredi à voter contre le projet de constitution.

Il exige également des « garanties », soit la tenue du vote en un seul jour, la présence d'un juge pour chaque bureau ou d'observateurs nationaux et internationaux.

Le FSN a averti que ces conditions n'étaient pas remplies, il appellerait à l'abstention.

Même si la date du référendum est déjà fixée, le FSN continue de demander le report du vote de deux à trois mois, afin de parvenir à un « consensus » sur le texte constitutionnel.

Le référendum, initialement prévu sur la seule journée du 15 décembre, aura finalement lieu les 15 et 22 décembre dans deux zones distinctes du pays, une mesure qui pourrait permettre de surmonter le boycottage de la supervision du vote par de nombreux magistrats.

Le vote des Égyptiens vivant à l'étranger a commencé mercredi pour quatre jours. Près de 600 000 Égyptiens expatriés inscrits sur les listes peuvent voter dans 150 représentations diplomatiques.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook