Changements climatiques : accord sur fond de divergences à Doha

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Cérémonie d'ouverture de la 18e Conférence de Doha, le 26 novembre. Cérémonie d'ouverture de la 18e Conférence de Doha, le 26 novembre.  Photo :  AFP/Karim Jaafar

Les délégations de plus de 190 pays à la Conférence sur les changements climatiques se sont entendues samedi pour prolonger le protocole de Kyoto jusqu'en 2020 au terme de négociations ardues qui devaient se terminer la veille.

L'entente, qui permet d'éviter de justesse un échec du sommet, ne représente toutefois pas une avancée dans la lutte aux changements climatiques.

De 2013 à 2020, l'acte II de Kyoto engage l'Union européenne, l'Australie et une dizaine d'autres pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces pays ne représentent toutefois que 15 % des émissions de GES dans le monde.

L'accord a d'emblée été dénoncé par la Russie qui considère qu'il s'agit d'un passage en force.

« C'est la première fois que je vois un tel précédent », a dénoncé le délégué russe après que le président de la conférence de l'ONU, Abdallah al-Attiya, a annoncé très rapidement qu'une série de textes avaient été adoptés.

« Les décisions adoptées reflètent la volonté des parties dans leur ensemble », s'est défendu Abdallah al-Attiya, vice-premier ministre qatari.

Plus tôt dans la journée, le Qatar avait présenté un texte de compromis aux délégations.

« Même si personne n'est entièrement satisfait avec le texte, il semble y avoir un accord global pour le présenter en plénière » afin de conclure un accord, avait déclaré Abdallah al-Attiya.

Les pays n'arrivaient pas à s'entendre sur la somme à verser aux pays pauvres pour les aider à faire face aux changements climatiques. Certains pays du Sud réclament jusqu'à 60 milliards de dollars d'ici 2015, mais les nations plus riches, les États-Unis et l'Union européenne en tête, refusaient de s'engager en raison du contexte économique difficile.

L'autre point au coeur des discussions concernait l'après-Kyoto, tandis que le premier acte de l'accord vient à échéance à la fin de l'année.

L'objectif est désormais d'en arriver à une entente, d'ici 2015, qui s'appliquerait à tous les pays lorsque le protocole de Kyoto viendra à échéance.

Les prochaines grandes négociations auront lieu dans un an à Varsovie, avant la rencontre de Paris, en 2015.

Des groupes environnementaux peu impressionnés

Le Canada, qui s'est retiré du protocole de Kyoto, aurait nui aux négociations, selon des groupes environnementalistes. « Le Canada pendant toutes les négociations à nuit aux négociations a été un peu moins visible que lors des dernières rencontres, car il s'est essentiellement caché derrière les États-Unis. Donc encore une fois un rôle obstructif et insignifiant » a déclaré le représentant de Greepeace Canada à Doha, Patrick Bonin.

Équiterre, Environnement Jeunesse et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ont aussi dénoncé l'attitude du Canada. « On s'entend pour rien faire ou en faire le moins possible et quand on est Canadien, la perspective est encore beaucoup plus désolante; c'est notre gouvernement qui empêche toute action constructive et positive », s'est exclamé André Belisle, président de l'AQLPA.

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