Le monde arabe en mutation

Syrie : un autre commandement militaire unifié de l'opposition naît en Turquie

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
À Alep, un rebelle oprtant son fils À Alep, un rebelle oprtant son fils  Photo :  AFP/ODD ANDERSEN

L'opposition politique et militaire syrienne ne cesse de créer des coalitions et des regroupements. Après la naissance de la Coalition nationale syrienne, un regroupement de l'opposition, au Qatar, le 11 novembre dernier, voilà que des rebelles se réunissent en Turquie pour créer un commandement militaire unifié, mais sans l'Armée syrienne libre (ASL).

Pourtant, l'ASL, composée de déserteurs de l'armée et de civils qui ont pris les armes, est la principale opposition armée au régime syrien.

Selon un participant, la plupart des membres de cette nouvelle instance sont liés aux Frères musulmans ou à des groupes proches d'eux.

Parmi les membres du commandement unifié figurent entre autres le commandant islamiste Djamal Marouf, le colonel Abdelbasset Al-Tawil, lié aux salafistes de la province d'Idlib, et deux autres responsables islamistes représentant la province d'Alep.

La rencontre s'est déroulée en présence de représentants des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, des monarchies pétrolières du Golfe et de la Jordanie.

La veille de cette réunion, les Américains avaient dénoncé les groupes djihadistes qui se battent en Syrie.

Les États-Unis disent craindre un « détournement de la révolution syrienne » par des islamistes radicaux armés, qui sont présents sur tous les fronts en Syrie.

Parmi ces groupes, le Front Al-Nusra qui a revendiqué la plupart des attentats-suicides ayant causé la mort de dizaines de personnes, notamment à Alep, Damas et Deir Ezzor.

Plusieurs témoignages et reportages de la presse internationale rapportent que de nombreux groupes islamistes combattent le régime de façon autonome et n'obéissent à aucune direction unifiée.

Lire notre article sur les factions de l'opposition syrienne

Récemment, des manifestants à Alep s'en sont pris à l'ASL, qui a pourtant conquis une partie de la ville ces derniers mois. Cette manifestation a montré la perte d'influence de ce groupe au profit d'islamistes radicaux mieux armés et plus disciplinés, selon des résidents de l'endroit.

L'aéroport de Damas désigné comme cible

Les rebelles, qui mènent des combats acharnés contre l'armée autour de la capitale, ont proclamé vendredi l'aéroport international, qui se situe à 20 kilomètres de Damas, « zone militaire » et « cible légitime ». Ils ont ainsi mis en garde les civils et les compagnies aériennes contre les risques encourus s'ils s'en approchaient.

À l'exception de quelques vols de la Syrian Air, les compagnies aériennes étrangères ont suspendu leurs vols en direction de Damas lorsque les combats ont commencé à se rapprocher de l'aéroport, la semaine dernière.

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