Égypte : la date du référendum sur la constitution pourrait être reportée

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters, Al-Jazira et Al-Arabiya
Les explications de Luc Chartrand

La réponse négative de l'opposition à l'invitation du président Mohamed Morsi n'a pas fermé les portes au dialogue. D'intenses tractations ont lieu entre la présidence égyptienne et les différents partis politiques pour trouver une issue à la crise.

Signe d'ouverture, le vice-président a annoncé que la date du référendum pour les Égyptiens résidant à l'étranger, prévu samedi, avait été reportée à mercredi.

Par ailleurs, le ministre d'État chargé des Affaires juridiques, Mohamed Mahsoub, a indiqué qu'une nouvelle initiative politique est en cours d'élaboration. Celle-ci consisterait en la promulgation d'un nouveau décret constitutionnel amputé des articles controversés 2 et 6, qui offraient de larges pouvoirs au président.

M. Mahsoub a évoqué également le retour du projet de constitution à l'Assemblée constituante pour qu'il soit débattu de nouveau. Ce qui signifierait le report du référendum prévu le 15 décembre.

Nouveaux affrontements

Des manifestants ont enfoncé une ligne de protection de l'armée égyptienne, vendredi, devant le palais présidentiel, à Héliopolis, dans le nord du Caire. Les manifestants ont franchi la barrière de fils barbelés, mais des soldats les ont empêchés d'entrer dans le complexe présidentiel.

Plusieurs manifestants se sont précipités en direction du palais présidentiel et d'autres sont allés faire l'accolade aux policiers et aux soldats pendant que d'autres scandaient « Pacifiques, pacifiques ».

D'autres manifestants sont montés sur des chars et y ont agité des drapeaux.

Plus de 10 000 personnes étaient massées sur la place devant le palais présidentiel. D'autres ont dessiné des graffitis - où l'on peut lire « Dégage » - sur des murs du palais présidentiel. Des blindés sont déployés sur la place qui se trouve devant le palais présidentiel après des heurts violents entre partisans et opposants au président Morsi, jeudi soir.

Par ailleurs, des centaines d'opposants se sont rassemblés à la place Tahrir, au Caire, pour marcher vers le palais présidentiel. Les opposants ont baptisé cette journée le « Vendredi du carton rouge ».

Alors que les opposants manifestaient, les Frères musulmans organisaient des funérailles pour six de leurs membres tués dans les heurts qui ont éclaté ces derniers jours près du palais présidentiel entre partisans et opposants au président Morsi.

Le siège de la présidence au Caire est sous haute surveillance, et toutes les rues menant au palais étaient barrées par des barbelés et gardées par de nombreux soldats et policiers antiémeutes.

L'opposition rejette l'offre de dialogue

L'opposition a signifié vendredi une fin de non-recevoir au président Mohamed Morsi qui proposait la veille un dialogue avec les formations politiques.

Le président, issu des Frères musulmans, fait face à un vaste mouvement de protestation, depuis plus de trois semaines, lié au renforcement de ses pouvoirs et son insistance à vouloir tenir un référendum sur une nouvelle constitution.

Selon le Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, l'offre du président Morsi ne présente pas les bases « d'un dialogue véritable et sérieux ».

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