Le chef en exil du Hamas en visite à Gaza

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le récit de Frédéric Nicoloff

Deux semaines après la signature de la trêve entre Israël et le Hamas, le chef en exil du mouvement islamiste, Khaled Mechaal, est arrivé à Gaza vendredi pour une visite de deux jours. Il veut y mourir en « martyr », a-t-il lancé à son arrivée.

« C'est la première fois que je viens en Palestine depuis 37 ans », a indiqué Khaled Mechaal, en précisant que cette visite à Gaza était sa première dans ce territoire palestinien.

« J'espère que Dieu m'accordera le martyre à Gaza », a-t-il aussi dit à des journalistes.

Arrivé via le terminal de Rafah, à la frontière avec l'Égypte, à la tête d'une délégation du bureau politique en exil, M. Mechaal s'est prosterné pour embrasser le sol.

Sa visite devrait 48 heures à Gaza, le temps d'assister samedi à un grand rassemblement populaire présenté comme une commémoration du 25e anniversaire de la création du Mouvement de la résistance (Hamas) et une célébration de la « victoire » enregistrée le mois dernier sur Israël durant l'opération « Pilier de défense ».

Le déplacement de Mechaal à Gaza revêt une importance particulière après la signature de la trêve

L'homme de 56 ans est natif de Ramallah, en Cisjordanie. Il vit en exil depuis plusieurs années. En Jordanie puis en Syrie, il a dû quitter la capitale syrienne après le soulèvement contre le régime. Il est établi depuis quelques mois au Qatar.

Le leader du Hamas ne devait pas se représenter à sa succession en janvier prochain, en raison, selon plusieurs connaisseurs du parti, de divergences entre la direction interne du parti et la direction extérieure qu'il incarne.

M. Mechaal est vu par une partie du mouvement islamiste comme un modéré. Sa prise de distance avec le régime syrien et par conséquent avec l'Iran a mis dans une position inconfortable les dirigeants du Hamas de Gaza, qui sont soutenus par Téhéran.

D'autant plus que le Qatar, où il s'est installé, est une monarchie alliée des États-Unis.

Mais son « succès » dans les négociations pour la trêve avec Israël lui a permis de redorer son blason.

Tentative d'assassinat

En 1997, deux agents du Mossad, qui avaient des passeports canadiens, ont tenté d'empoisonner le leader du Hamas. Les deux agents ont été arrêtés et démasqués par les services de sécurité jordaniens.
Le premier ministre de l'époque Benyamin Nétanyahou a été contraint d'envoyer l'antidote qui a sauvé Mechaal.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook