Le monde arabe en mutation

Crise en Égypte : l'opposition étudie une proposition du vice-président

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Al-Jazira
Manifestations des Frères musulmans et des opposants au président Morsi

Après deux jours d'affrontements entre opposants et policiers d'une part et opposants et partisans du président Mohamed Morsi d'autre part, un début de piste de solution vient d'être proposé par le vice-président Mahmoud Mekky.

Soulignant le « danger réel » posé au pays par la mobilisation des deux camps, le vice-président a estimé qu'il faut « calmer le jeu ».

M. Mekky a déclaré qu'un accord était possible avec l'opposition sur des amendements concernant les articles contestés de la future loi fondamentale.

Selon lui, un accord écrit pourrait ensuite être soumis au futur Parlement qui sera élu après le référendum du 15 décembre sur le projet de constitution.

« Il faut un consensus », a-t-il expliqué, estimant que les demandes de l'opposition devaient être respectées pour surmonter la crise actuelle.

Les partis d'opposition rassemblés au sein du Front de salut national ont décidé de se réunir dans la soirée pour débattre de la proposition du vice-président.

Avant l'annonce de la proposition du vice-président, l'opposition avait exigé l'abrogation du décret constitutionnel qui élargissait les pouvoirs du président, et le report du référendum sur le projet de constitution.

De son côté, le premier ministre Hicham Kandil a lancé dans la soirée un appel au calme afin de donner « les moyens pour que puissent aboutir les efforts menés actuellement en vue d'ouvrir un dialogue national ».

Des propos qui laissent penser que le pouvoir égyptien est prêt à entamer des discussions avec l'opposition et trouver un terrain d'entente, sans toutefois perdre la face.

Trois conseillers du président démissionnent

Trois conseillers du président Morsi ont démissionné en signe de protestation. Selon l'agence officielle Mena, il s'agit de Amr Al-Leithi, Seif Abdel Fattah et Ayman Al-Sayyad, qui étaient membres de l'instance des conseillers de la présidence.

Violents heurts

Au deuxième jour de manifestations de l'opposition devant la présidence, les partisans du président Morsi sont descendus dans les rues à leur tour. La rencontre des deux camps a mené à des affrontements violents. Selon un bilan officiel, cinq personnes sont mortes et 350 autres ont été blessées.

Par ailleurs, des opposants au président ont incendié le siège du Parti de la liberté et de la justice, la branche politique des Frères musulmans, dans la ville d'Ismaïlia.

Mardi, des milliers d'opposants avaient réussi un coup de force en déjouant le dispositif de sécurité avant d'encercler le palais présidentiel. Mohamed Morsi avait été contraint de quitter ses bureaux avant de regagner le palais mercredi.

La crise politique suivie par la flambée de violence dure en Égypte depuis le décret du 22 novembre qui place le président au-dessus du pouvoir judiciaire dans l'attente de l'élection d'un nouveau Parlement. Mais l'adoption par l'Assemblée constituante, essentiellement islamiste, du projet de constitution a fini par exacerber les tensions.

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