L'ONU appelle Israël à ouvrir ses installations nucléaires

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press, Reuters et Nouvel Observateur
L'Assemblée générale de l'ONU (archives) L'Assemblée générale de l'ONU (archives)  Photo :  AFP/DON EMMERT

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant Israël à ouvrir rapidement ses installations nucléaires aux inspecteurs internationaux.

La résolution, approuvée lundi par 174 voix pour, 6 contre et 6 abstentions, appelle l'État hébreu à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) « sans délai » et à ouvrir ses installations nucléaires aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Israël, les États-Unis, le Canada, les îles Marshall, la Micronésie et Palau ont voté contre le texte.

Cette résolution donne aussi son appui à une conférence importante sur l'interdiction des armes nucléaires au Moyen-Orient, qui vient d'être annulée.

Tous les pays arabes et l'Iran comptaient assister à cette rencontre prévue pour la mi-décembre à Helsinki, en Finlande, mais les États-Unis ont annoncé le 23 novembre qu'elle n'aurait pas lieu, compte tenu de l'instabilité au Moyen-Orient et de l'attitude de l'Iran dans le dossier nucléaire. L'Iran et quelques pays arabes ont soutenu que la vraie raison de l'annulation était le refus d'Israël de participer à cette conférence.

Les résolutions adoptées par l'Assemblée générale de l'ONU, qui compte 193 membres, ne sont pas légalement contraignantes, mais elles reflètent l'opinion internationale et ont un poids moral et politique.

Israël a toujours refusé de rejoindre le TNP, tout comme l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, trois États possédant des armes nucléaires.

Israël refuse de dire s'il possède la bombe atomique, mais des experts internationaux croient que le pays détient en effet un arsenal nucléaire.

Israël maintient la construction de colonies

Par ailleurs, le gouvernement israélien a confirmé mardi qu'il mettra en oeuvre le projet de construction de colonies à Jérusalem-Est, malgré les protestations de responsables palestiniens qui avancent que l'État hébreu pourrait faire face à des accusations de crimes contre l'humanité si ce projet est réalisé.

La décision d'Israël de construire 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est après la reconnaissance, la veille, de la Palestine comme État observateur non membre de l'ONU a provoqué un tollé international.

La France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Suède et le Danemark ont tous fait part de leurs « préoccupations » voire de leur « désapprobation » à l'égard des projets d'Israël. Washington s'est joint à ce concert de protestations en exhortant Israël à « réexaminer ces décisions unilatérales et à faire preuve de retenue ».

Toutefois, l'adoption de sanctions contre Israël pour protester contre la décision n'est pas une option envisagée par l'Union européenne, a déclaré mardi le secrétaire britannique au Foreign Office, William Hague.

« Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup d'enthousiasme au sein de l'Union européenne à l'idée d'adopter des sanctions économiques en Europe contre Israël », a indiqué le chef de la diplomatie britannique.

« Je ne crois pas qu'il y aurait un semblant de consensus [sur cette question]. Nous continuons de tenter de ramener les deux parties à la table des négociations », a-t-il ajouté.

Les pourparlers de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne sont suspendus depuis 2010.

William Hague a toutefois indiqué que des discussions étaient en cours avec d'autres ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne pour voir quelles mesures pourraient être prises en cas de poursuite des constructions israéliennes.

Le président français François Hollande a exclu lundi d'entrer « dans une logique de sanctions » à l'égard d'Israël, mais « plutôt dans un travail de conviction ».

La Palestine a obtenu la semaine dernière le statut d'État observateur aux Nations unies grâce au vote de 138 pays membres de l'Assemblée générale. Neuf pays ont voté contre la résolution, dont Israël, les États-Unis et le Canada.
Un soldat israélien à Hebron, en Cisjordanie (archives) Un soldat israélien à Hebron, en Cisjordanie (archives)  Photo :  AFP/ABBAS MOMANI

Des pays rappellent leur ambassadeur en Israël

L'Australie et le Brésil ont convoqué mardi leur ambassadeur en Israël dans leurs capitales pour protester contre la décision du gouvernement israélien d'autoriser de nouvelles colonies. Cinq pays européens avaient fait de même lundi.

Le Canada s'est tenu à part de ses principaux alliés en refusant de condamner le projet israélien de construire de nouveaux logements dans les territoires que revendiquent les Palestiniens.

Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères canadien John Baird a soutenu lundi que « des actions unilatérales d'un côté ou de l'autre ne font pas avancer le processus de paix ».

Le bureau de M. Baird a refusé de dire si le gouvernement continuait d'appuyer la politique établie selon laquelle les colonies israéliennes sont « un obstacle sérieux » à la paix.

En plus d'avoir donné le feu vert à la construction de nouveaux logements israéliens, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a fait geler l'équivalent de 120 millions de dollars canadiens de taxes perçues au nom des Palestiniens.

Israël affirme vouloir utiliser cet argent pour rembourser les dettes de l'autorité palestinienne envers des compagnies d'électricité israéliennes.

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