L'OTAN approuve le déploiement de missiles Patriot en Turquie

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Frédéric Nicoloff fait le point

L'OTAN a approuvé le déploiement de batteries de missiles Patriot à la frontière en Turquie pour intercepter d'éventuels tirs de missiles en provenance de la Syrie.

Mardi, les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l'Alliance atlantique ont approuvé la mesure lors d'une réunion à Bruxelles, en Belgique.

La Turquie, elle-même membre de l'OTAN, avait demandé, le 21 novembre dernier, l'installation de systèmes de défense antiaérienne Patriot à sa frontière avec la Syrie pour parer à toute attaque en provenance de la Syrie où sévit une intense guerre civile depuis maintenant 20 mois.

Les batteries de missile Partiot qui seront déployées en Turquie proviendront d'Allemagne, des Pays-Bas et des États-Unis. Le contrôle de ses missiles, dont le rôle, est d'intercepter d'autres missiles en plein vol, sera par contre strictement réservé au commandement suprême des forces alliées en Europe, a précisé l'OTAN.

Une mesure purement défensive, selon l'OTAN

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN à Bruxelles, mardi. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN à Bruxelles, mardi.  Photo :  AFP/JOHN THYS

« L'OTAN a donné son accord pour renforcer les capacités de défense aérienne de la Turquie afin d'assurer la défense de sa population et de son territoire et de contribuer à la désescalade de la crise », ont annoncé les ministres des Affaires étrangères dans une déclaration commune.

L'objectif de ce déploiement « sera totalement défensif » et « ne sera en aucune façon une manière de promouvoir une zone d'exclusion aérienne ou une quelconque opération offensive » a tenu à préciser le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.

Moscou préoccupé

Ces propos cherchent notamment à rassurer la Russie, dont le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devait déjeuner avec ses homologues de l'OTAN.

En visite à Istanbul, le président russe Vladimir Poutine a critiqué lundi le déploiement des Patriot, qui selon lui ne va « pas apaiser » les tensions avec la Syrie, mais « au contraire les exacerber ».

Mise en garde de Washington et Paris

Plus tôt mardi, l'OTAN et la France ont fortement mis en garde la Syrie contre le recours à des armes chimiques, ajoutant ainsi leur voix aux États-Unis.

« Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable », a prévenu lundi le président américain Barack Obama, dans une allocution.

L'adjectif « inacceptable » a été repris par le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ainsi que par les ministres des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, et français, Laurent Fabius.

« Je m'attends à une réaction immédiate de la communauté internationale » si le régime de Bachar Al-Assad utilisait des armes chimiques, a averti M. Rasmussen avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN à Bruxelles.

Les craintes liées à ces armes ont brusquement refait surface ces derniers jours, alors que les forces rebelles mettaient en difficulté l'armée officielle, notamment autour de l'aéroport de Damas.

Damas a cependant réaffirmé lundi « qu'il ne fera pas usage de ce genre d'armes, s'il en possède, contre son peuple », selon une source du ministère des Affaires étrangères.

L'arsenal chimique syrien est considéré comme l'un des plus importants du Moyen-Orient après avoir bénéficié de l'aide de la Russie et de l'Iran. Mais il reste difficile d'évaluer ses quantités et son état réel en raison de l'absence de données publiques le concernant.

Un responsable américain a affirmé lundi que Damas était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin, un puissant neurotoxique qui provoque une paralysie complète, puis la mort.

La situation se détériore sur le terrain

Pendant ce temps, sur le terrain, la dégradation de la situation a poussé l'ONU lundi à suspendre ses opérations hors de la capitale, Damas, une décision suivie par l'Union européenne, qui a décidé de réduire sa délégation au minimum.

Un journaliste du quotidien gouvernemental Techrine, Naji Assaad, a par ailleurs été assassiné mardi dans un quartier du sud de Damas, selon la télévision d'État syrienne, qui évoque un acte « terroriste visant les forces vives de la nation ». Huit élèves et un professeur ont aussi été tués dans la chute d'un obus de mortier sur une école du camp Al-Wafidine dans la province de Damas, selon la même source.

Album photo : Quelques jours à Alep

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