Face-à-face israélo-palestinien

Malgré un tollé international, Israël maintient la construction de colonies

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Joyce Napier fait le point

En dépit des pressions internationales, le gouvernement israélien a prévenu qu'il ne renoncera pas à sa décision de relancer la construction dans les colonies de Cisjordanie et Jérusalem-Est. C'est ce qu'a affirmé lundi une source au bureau du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

La France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Suède et le Danemark ont tous fait part de leurs « préoccupations » voire de leur « désapprobation » des projets d'Israël en réponse au nouveau statut de la Palestine d'État observateur à l'ONU.

L'Allemagne, qui doit recevoir cette semaine Benyamin Nétanyahou, s'est dite « très inquiète », estimant que par cette annonce « Israël sape la confiance dans sa volonté de négociations. »

Washington a rejoint ce concert de protestations en exhortant Israël à « réexaminer ces décisions unilatérales et à faire preuve de retenue. » « Ces actes sont contre-productifs et rendent plus difficile la reprise des négociations directes entre Israël et Palestiniens », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

Le Canada s'est quant à lui tenu à part de ses principaux alliés, dont les États-Unis, en refusant de condamner le projet israélien.

L'annonce par Israël de la construction de 3000 nouveaux logements en Cisjordanie au lendemain de l'obtention par les Palestiniens d'un statut d'État observateur lors d'un vote historique à l'ONU, jeudi dernier, représente « un coup presque fatal aux chances restantes de garantir une solution à deux États », fait valoir le secrétaire général de l'ONU, qui demande que le projet soit annulé.

L'ONU rappelle par ailleurs que les colonies sont interdites en vertu des lois internationales.

Vue sur l'impantation israélienne de Maaleh Adumin, près de Jerusalem. Vue sur l'impantation israélienne de Maaleh Adumin, près de Jerusalem.  Photo :  PC/Ariel Schalit

Gel de taxes destinées aux Palestiniens

En plus d'avoir donné le feu vert à la construction de 3000 logements israéliens dans Jérusalem-Est et en Cisjordanie au lendemain du vote remporté par Ramallah aux Nations unies, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a fait geler l'équivalent de 120 millions de dollars canadiens de taxes perçues au nom des Palestiniens.

Israël affirme vouloir utiliser cet argent pour rembourser les dettes de l'autorité palestinienne envers des compagnies d'électricité israéliennes.

Israël-Palestine, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

La Palestine a obtenu le statut d'État observateur aux Nations unies, jeudi, grâce au vote de 138 pays membres de l'Assemblée générale. Neuf pays ont voté contre la résolution, dont Israël, les États-Unis et le Canada.

Les nouveaux projets de colonies condamnés

Des travailleurs érigent un complexe d'habitation à Jérusalem-Est. Des travailleurs érigent un complexe d'habitation à Jerusalem-Est.  Photo :  AFP/AHMAD GHARABLI

Ce projet de construire plusieurs milliers de nouveaux logements dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem aurait pour effet d'isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale.

Il diviserait en deux la Cisjordanie, ce qui entamerait encore davantage la continuité territoriale dont souhaitent se prévaloir les Palestiniens, alors que la Cisjordanie et la bande de Gaza sont déjà séparées.

Le gouvernement d'Israël avait pourtant déclaré, la semaine dernière, à la suite du vote à l'ONU, qu'il n'y aurait pas de représailles ni de mesures de rétorsion contre le peuple palestinien

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