Égypte : les juges de la Cour suprême en grève

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des centaines de partisans de Mohamed Morsi manifestent devant la Cour suprême égyptienne. Des centaines de partisans de Mohamed Morsi manifestent devant la Cour suprême égyptienne.  Photo :  AFP/GIANLUIGI GUERCIA

Les juges de la Cour suprême constitutionnelle d'Égypte ont entamé une grève dimanche, déclenchant un nouvel épisode de la crise politique qui secoue le pays. Ils dénoncent les pressions qui les empêchent d'examiner la validité d'une commission constituante dominée par les islamistes.

Le plus haut tribunal d'Égypte suspendra ses travaux jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de « pressions psychologiques et matérielles » sur ses 19 juges, peut-on lire dans un communiqué, alors que des centaines d'islamistes ont bloqué les accès à la cour dimanche pour empêcher les juges de pénétrer dans le bâtiment, juste avant une séance.

« Les juges de Cour suprême constitutionnelle n'ont pas eu d'autres choix que d'annoncer au glorieux peuple d'Égypte qu'ils ne pouvaient pas poursuivre leur mission sacrée dans cette atmosphère tendue », dit encore le communiqué.

« C'est le jour le plus noir de l'histoire pour la justice égyptienne. » — Extrait du communiqué de la Cour suprême

La Cour suprême devait se prononcer sur la légalité de l'Assemblée constituante qui a adopté la nouvelle constitution égyptienne qui doit être soumise à un référendum le 15 décembre.

De nombreux islamistes se méfient de la Cour suprême, qu'ils considèrent comme un vestige de l'ère Moubarak.

Samedi, au moins 200 000 partisans du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, se sont d'ailleurs réunis au Caire pour appeler le président à « purger le système judiciaire ».

De leur côté, les détracteurs du président l'accusent de tenter de s'arroger tous les pouvoirs et de vouloir adopter une constitution qui l'avantage. L'opposition laïque estime aussi que la nouvelle constitution ne protège pas les libertés fondamentales.

Le projet de constitution maintient les principes de la loi islamique, qui devra être interprétée selon la doctrine sunnite. Il accorde également à l'État un rôle de « protection de la moralité » et interdit « l'insulte des personnes humaines » et des « prophètes ».

Le bras de fer en cours entre le président et le pouvoir judiciaire s'est engagé le 22 novembre dernier, après un décret par lequel le chef de l'État a élargi ses pouvoirs et a interdit à la justice de statuer sur la commission chargée de rédiger la constitution.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Facebook