Le nouveau président mexicain est assermenté

Radio-Canada avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne
Le compte rendu de Jean-Michel Leprince

Enrique Pena Nieto a prêté serment comme président du Mexique lors d'une cérémonie devant les députés, samedi, alors que se déroulaient des manifestations à l'extérieur du parlement.

L'investiture de M. Pena Nieto marque le retour au pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui l'avait exercé sans interruption de 1929 à 2000. Enrique Pena Nieto remplace Felipe Calderon, du Parti d'action nationale (PAN), qui était à la tête de l'État depuis 2006.

Le gouvernement sortant a laissé en héritage au nouveau président un pays en bonne santé économique, mais aussi une guerre déclenchée contre les trafiquants de drogue qui a fait quelque 60 000 morts en six ans et qui a probablement causé la déroute électorale du PAN lors des dernières élections présidentielles, en juillet.

Protestations multiples

Le nouveau chef de l'État ne fait pas l'unanimité. Les partis de gauche accusent entre autres Pena Nieto d'avoir « acheté » au moins 5 millions de votes pour battre le gauchiste Andres Manuel Lopez Obrador, qui a obtenu 31,7 % des voix, contre 38,3 % pour le nouveau président.

L'élection présidentielle a d'ailleurs été contestée devant la justice, pour être finalement validée par le Tribunal électoral, mais la gauche n'a pas voulu reconnaître le résultat des élections. D'ailleurs, lors de l'assermentation, les députés de gauche ont hué et sifflé tandis que les autres députés scandaient « Mexique! Mexique! ».

Certains parlementaires portaient une pancarte sur laquelle était écrit « Pena Nieto, candidat de téléprompteur, président fabriqué ». D'autres étaient vêtus de noir en signe de deuil et arboraient une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Calderon, tu laisses un siège baigné de sang ». Une immense banderole noire portant des croix blanches, avec pour légende « Le Mexique en deuil », avait aussi été placée à l'intérieur du parlement, pour faire allusion à la guerre contre la drogue.

Des policiers antiémeute tentent d'empêcher des manifestants de mettre à terre une clôture de sécurité à l'extérieur du Parlement lors de l'assermentation du président. Des policiers antiémeute tentent d'empêcher des manifestants de mettre à terre une clôture de sécurité à l'extérieur du Parlement lors de l'assermentation du président.  Photo :  AFP/HECTOR GUERRERO

Pendant ce temps, à l'extérieur, près d'une vingtaine de personnes, dont cinq policiers, ont été blessées dans des affrontements entre plusieurs centaines de contestataires et la police.

Les manifestants ont lancé des fumigènes, des pierres, des pétards et des cocktails Molotov contre les policiers, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

La manifestation, qui a rassemblé au total près de 3000 personnes, avait commencé dès le matin, au cri de »Mexique sans PRI ».

De nouveaux ministres

Le nouveau chef de l'État avait annoncé vendredi la composition de son gouvernement, qui se veut un mélange de personnalités de la vieille garde du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et de technocrates de la nouvelle génération.

Le chef de l'équipe de transition, Miguel Angel Osorio Chong, 48 ans, deviendra ministre de l'Intérieur, un poste qui comprendra désormais la supervision de toutes les activités liées à la sécurité intérieure et au renseignement, de même que la police fédérale, si cette restructuration est approuvée par le Congrès.

Luis Videgaray, 44 ans, proche conseiller de M. Pena Nieto et chef de sa campagne électorale, dirigera de son côté le ministère du Trésor.

Enrique Pena Nieto a promis que sa priorité serait la croissance économique et la création d'emplois. M. Videgaray, un économiste diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), sera donc le principal responsable de cet effort. Il est souvent décrit comme le bras droit de M. Pena Nieto et travaille étroitement avec lui depuis plus de huit ans.

José Antonio Meade, actuel secrétaire au Trésor, dirigera le ministère des Affaires étrangères. MM. Videgaray et Meade sont considérés comme des représentants de la nouvelle génération du PRI.

L'ancienne garde du PRI, qui a dirigé le Mexique sans interruption de 1929 à 2000, est également représentée. Elle comprend le secrétaire à l'Éducation, Emilio Chuayffet, et le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam. La nomination du ministre de la Justice est la seule à devoir être approuvée par le Congrès.

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