Statut des Territoires palestiniens : Mahmoud Abbas retourne à l'ONU

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Al-Quds
Mahmoud Abbas s'est adressé à des Palestiniens à Ramallah avant son départ pour New York. Mahmoud Abbas s'est adressé à des Palestiniens à Ramallah avant son départ pour New York.  Photo :  AFP/ABBAS MOMANI

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas reviendra à la charge jeudi prochain à l'ONU pour demander le statut d'État observateur.

L'Année dernière, il avait tenté d'obtenir le statut d'État membre, mais sa demande n'a pas franchi l'étape du Conseil de sécurité.

La demande de statut d'observateur ne nécessite pas l'onction du Conseil de sécurité, car elle est soumise à l'Assemblée générale de l'ONU composée de 193 pays.

L'approbation par une majorité simple des membres, soit 98, donnera à l'Autorité palestinienne le statut d'État observateur, comme le Vatican, et lui permettra de saisir la Cour pénale internationale.

Le président Abbas présentera sa demande à l'ONU fort de l'appui de la France, qui a indiqué mardi qu'elle appuierait la requête palestinienne. « [...] quand la question sera posée, la France répondra oui par souci de cohérence », a déclaré Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement.

« Le moment où cette question va être posée est un moment très délicat, à la fois parce que le cessez-le-feu est extrêmement fragile, parce qu'il y a les élections israéliennes, parce qu'il y a un changement dans la composition de l'administration américaine. » — Laurent Fabius

Le représentant palestinien, Riad Mansour, a commencé à faire circuler au siège de l'ONU à New York le projet de résolution. M. Mansour a affirmé au journal palestinien Al-Quds qu'il était certain d'obtenir la majorité des voix.

Selon les prévisions de la délégation palestinienne, 129 pays voteraient oui à la résolution, tandis que 22 s'y opposeraient. Un diplomate sud-américain cité par le journal a affirmé que les États-Unis s'activent dans les coulisses pour faire pression sur le plus grand nombre possible pour voter non.

La demande palestinienne sera parrainée par le groupe des pays arabes à l'ONU.

Par ailleurs, le Hamas, rival de l'autorité palestinienne, a annoncé lundi qu'il soutenait la démarche de Mahmoud Abbas.

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a souligné dans un communiqué que « le Hamas soutient toute initiative diplomatique bénéfique pour le peuple palestinien, mais nous affirmons que c'est très important d'avoir une vision nationale, pour soutenir la résistance et les droits des Palestiniens ».

Israël et les États-Unis s'opposent à la démarche palestinienne. Ils estiment qu'un État palestinien ne peut résulter que de négociations de paix entre les deux parties. Une position partagée par la France, malgré un avis différent sur le statut des Palestinien à l'ONU. « C'est seulement par la négociation, que nous demandons sans condition et immédiate entre les deux parties, qu'on pourra aboutir à la concrétisation d'un Etat palestinien », a précisé M. Fabius tout en donnant son appui au projet palestinien à l'ONU.

Palestiniens et Israéliens ne se sont pas rencontrés depuis deux ans en raison du refus d'Israël de geler l'implantation de colonies.

La requête palestinienne à l'ONU intervient à un moment délicat de la situation entre Palestiniens et Israéliens. Un cessez-le-feu a mis un terme, le 21 novembre dernier, à 8 jours de bombardements israéliens sur la bande de Gaza et à des tirs de roquettes palestiniennes sur Israël.

Les échanges de tirs ont fait 167morts du côté palestinien et 6 du côté israélien. Des pourparlers se sont amorcés, lundi, sous l'égide de l'Égypte pour élaborer les termes de l'accord de cessez-le-feu.

Projet de la résolution palestinienne (en anglais)

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Facebook