Syrie : des bombardements tuent au moins 10 enfants

Le reportage de notre envoyé spécial Luc Chartrand

Au moins dix enfants ont été tués dimanche et lundi par des bombardements de l'aviation syrienne.

Le premier bombardement a tué au moins huit enfants, dimanche, dans le village de Deir al-Asafir, à l'est de Damas, et le deuxième a tué deux enfants à Erbine, toujours près de la capitale syrienne.

À Deir al-Asafir, des enfants jouaient dehors lors d'une accalmie dans leur petit village, lorsque des avions de chasse ont survolé l'endroit pour larguer des bombes. Une vidéo, tournée par des insurgés, montre des habitants ramassant des corps d'enfants.

Les témoins ont fait état de la mort de dix enfants. De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), un organisme basé à Londres, a pu confirmer la mort de huit enfants à Deir al-Asafir.

Une séquence vidéo montre deux jeunes filles inanimées touchées à la tête et à la nuque. Deux jeunes garçons apparaissent à l'arrière d'une voiture. « Aucun des tués n'avait plus de 15 ans », relate un témoin membre de la rébellion, Abou Kassem. « Parmi les 15 blessés se trouvent deux femmes ».

« Il n'y avait aucun combattant à Deir al-Asafir lorsque le bombardement s'est produit. Ils opèrent en périphérie. C'était un bombardement aveugle », ajoute le témoin.

Des militants de l'opposition soutiennent que l'aviation syrienne a utilisé des bombes à sous-munitions sur le village de Deir al-Asafir. Une vidéo des militants montre des dizaines de petites bombes et au moins trois coques qui pourraient contenir lesdites bombes. L'OSDH se dit toutefois incapable de confirmer cette information. La Syrie n'a pas signé la Convention sur les armes à sous-munitions.

Les autorités syriennes n'ont formulé aucun commentaire sur ce bombardement, mais un média officiel soutient que l'armée est passée à l'offensive pour « nettoyer » la région de ce que le gouvernement désigne comme des terroristes.

Pendant que l'aviation syrienne poursuivait ses raids, les insurgés ont pris un barrage stratégique sur l'Euphrate reliant les provinces d'Alep et de Raqa à Techrine. Les rebelles ont réussi à prendre le barrage de Techrine après plusieurs jours de combats.

Des images diffusées par les rebelles les montrent en train d'ouvrir des caisses de munitions qu'ils disent avoir pris aux hommes d'Assad délogés de ce barrage.

Les insurgés ont également annoncé dimanche la prise de la base aérienne de Marj al Sultan, à 15 km à l'est de Damas.

Une bataille est par ailleurs en cours depuis une semaine dans le faubourg de Daraya près de la capitale syrienne.

Le correspondant de Radio-Canada en Syrie, Luc Chartrand, explique que le commandement rebelle s'est installé en Turquie à proximité de la frontière syrienne pour se prémunir des bombardements. L'aviation syrienne s'abstient généralement de bombarder les régions frontalières pour éviter des accrochages avec la Turquie, explique M. Chartrand.

L'envoyé spécial de la radio de Radio-Canada Akli Ait Abdallah relate que la population syrienne est fatiguée par la guerre qui s'est installée dans leur quotidien. Ils sont en colère contre les bombardements de l'armée syrienne, mais également contre les rebelles qui se sont installés en milieu résidentiel attirant les bombardements sur des populations civiles.

Par ailleurs, la Turquie a demandé l'assistance de l'OTAN pour protéger sa frontière avec la Syrie. Le gouvernement turc souhaite que l'OTAN déploie des batteries de missiles sol-air pour intercepter d'éventuels missiles tirés depuis la Syrie.

Aide financière française

La France a décidé d'allouer à la Coalition nationale de l'opposition syrienne une aide humanitaire d'urgence de 1,2 million d'euros (1,5 million de dollars).

« La situation humanitaire en Syrie se dégrade. Il est impératif que la communauté internationale agisse », a affirmé le ministre français des Affaires étrangères.

Le ministre a rappelé que « la France qui, la première, a reconnu la nouvelle Coalition comme seule représentante légitime du peuple syrien, souhaite désormais lui faciliter les moyens de venir en aide à ses compatriotes en situation de détresse ».

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev, en visite en France, a jugé la reconnaissance française « tout à fait inacceptable au regard du droit international ». M. Medvedev doit rencontrer mardi le président François Hollande et évoquer notamment le dossier syrien avec lui.

Par ailleurs, la Coalition nationale syrienne organise (lundi et mardi) au Caire une réunion avec la communauté internationale sur l'aide à la population syrienne.

La France apporte également une aide aux réfugiés syriens en Irak, en Jordanie et au Liban en subventionnant, à hauteur de 300 000 euros (387 000 $), un ensemble de projets mis en oeuvre par des ONG.

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