Égypte : les juges prennent la tête de la contestation

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Égypte : nouveaux pouvoirs

Les juges égyptiens ont lancé un appel à la grève dans tous les tribunaux du pays pour protester contre l'élargissement des pouvoirs du président islamiste Mohamed Morsi, qualifié d'« attaque féroce contre la justice ».

Scandant « le peuple veut la chute du régime », le slogan de la révolte contre le président déchu Hosni Moubarak, les magistrats furieux soutiennent que la grève sera maintenue jusqu'à la fin de la crise.

Avant les juges, le Conseil suprême de la justice avait aussi dénoncé les nouveaux pouvoirs que s'est octroyés M. Morsi et qui le mettent à l'abri de la justice. Selon le Conseil suprême de la justice, il s'agit d'« une attaque sans précédent contre l'indépendance du pouvoir judiciaire et ses jugements ».

Parallèlement, des mouvements dirigés par des figures de l'opposition comme Mohamed El-Baradei ont signé un communiqué annonçant leur refus de tout dialogue avec le président tant qu'il ne serait pas revenu sur sa décision.

« Il n'y a aucune place pour le dialogue quand un dictateur impose les mesures les plus odieuses et les plus répressives », a déclaré M. ElBaradei, qui s'attend à être nommé prochainement coordinateur du Front de salut national, une fédération des mouvements d'opposition.

« L'Égypte entre dans une nouvelle révolution, car notre intention n'était pas de remplacer un dictateur par un autre. » — Mohammed al-Gamal, un manifestant
La place Tahrir au Caire La place Tahrir au Caire  Photo :  AFP/Gianluigi Guercia

Vendredi, de violentes manifestations ont eu lieu contre le président Morsi, que l'opposition surnomme le « nouveau pharaon ».

Une manifestation rivale en soutien au président s'est par ailleurs tenue devant le palais présidentiel, ponctué par le slogan « Morsi on t'aime ».

Mohamed Morsi, qui disposait déjà du pouvoir exécutif et législatif, a expliqué que les nouveaux pouvoirs qu'il s'est octroyés lui permettraient d'accélérer les réformes démocratiques. Il assure que ces nouvelles dispositions prendront fin dès qu'une nouvelle Constitution aura été adoptée, même si le processus stagne en ce moment.

L'initiative de Mohamed Morsi a été critiquée par les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies. Le président égyptien venait pourtant tout juste de recevoir les remerciements de la communauté internationale pour sa médiation lors des négociations entre Gaza et Israël pour obtenir une trêve dans la bande de Gaza.

Des partis politiques de toutes allégeances ont appelé leurs sympathisants à manifester à nouveau au Caire mardi prochain.

L'ancien procureur général Andel-Meguid Mahmoud prend la parole lors d'une conférence de presse, le 24 novembre, pour s'opposer à l'élargissement des pouvoirs du président. L'ancien procureur général Andel-Meguid Mahmoud prend la parole lors d'une conférence de presse, le 24 novembre, pour s'opposer à l'élargissement des pouvoirs du président.  Photo :  AFP

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