La crise syrienne devient un enjeu géostratégique

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un rebelle syrien dans la ville de Maraat Al-Numan dans le sud de la province d'Idlib Un rebelle syrien dans la ville de Maraat Al-Numan dans le sud de la province d'Idlib  Photo :  AFP/John Cantlie

Passant de soulèvement populaire à guerre civile, la crise syrienne est devenue au fil du temps un enjeu géostratégique entre les grandes puissances.

Dernier épisode en date, la Turquie a demandé à l'OTAN (la Turquie est membre de l'Alliance atlantique) d'installer des missiles Patriot à la frontière syrienne.

Cette demande a soulevé l'ire de l'Iran et de la Russie, deux alliés du régime syrien.

L'OTAN a beau dire que ces missiles sont de nature « défensive ». Rien n'y fait, l'Iran et la Russie restent sceptiques et condamnent un éventuel déploiement de ces missiles.

Le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen a affirmé au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, que ce déploiement n'était « en aucune façon une manière de promouvoir une zone d'exclusion aérienne ou des opérations offensives ».

« Plus on accumule d'armes, plus elles risquent d'être utilisées », a estimé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramon Mehmanparast croit que « l'insistance (de certains pays occidentaux et arabes, ndlr) pour régler la crise syrienne par la voie militaire est la principale cause des tensions et des menaces dans la région ».

S'attaquant au Qatar et à l'Arabie saoudite, deux alliés déclarés de l'opposition syrienne, le président du Parlement iranien Ali Larijani, qui était de passage à Damas vendredi, a mis en garde contre toute action « aventuriste » en Syrie.

« Certains envoient des armes pour instaurer la démocratie en Syrie. Je ne pense pas qu'on puisse instaurer la démocratie avec des RPG (lance-roquettes). L'Iran prône un dialogue politique pour une solution politique. Nous sommes contre toute sorte d'intervention militaire en Syrie. » — Ali Larijani, président du Parlement iranien

Le régime syrien a estimé, pour sa part, qu'Ankara était responsable « de la militarisation de la situation à la frontière », accusant son voisin « d'armer, d'entraîner et d'infiltrer des milliers de terroristes » sur son territoire.

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