Le monde arabe en mutation

Le président égyptien élargit ses pouvoirs: l'opposition fulmine

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le président égyptien Mohammed Morsi Le président égyptien Mohammed Morsi (archives)  Photo :  AFP/KHALED DESOUKI

Le président égyptien a adopté jeudi des amendements constitutionnels qui lui attribuent plus de pouvoirs et a limogé le procureur général qui lui avait permis de conserver son poste en octobre.

L'opposition et plusieurs citoyens se sont empressés de dénoncer sévèrement les changements proposés. Des manifestations d'opposants et de partisans au président Morsi se sont côtoyées jeudi soir dans la capitale.

Mohamed Morsi a décrété que toutes les décisions qu'il a prises depuis son arrivée au pouvoir, en juin, jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution, ne pourraient faire l'objet d'un appel devant la justice.

M. Morsi a également accordé l'immunité à la commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution, pour empêcher qu'elle soit dissoute à la suite d'une décision de justice. Il a accordé la même protection à la chambre haute du Parlement. Ces institutions sont dirigées par des alliés islamistes du président égyptien, lui-même issu des Frères musulmans.

Le président a également limogé jeudi le procureur général Abdel-Maguid Mahmoud, qui occupait ce poste depuis 2006. Ce dernier avait acquitté des personnalités du régime déchu d'Hosni Moubarak accusées d'avoir orchestré une violente répression contre les manifestants l'année dernière.

Mohamed Morsi a par ailleurs réclamé un nouveau procès contre d'anciens dirigeants du régime d'Hosni Moubarak liés aux affrontements meurtriers dans lesquels des manifestants avaient été tués l'an dernier, lors du soulèvement qui avait conduit à la démission de l'ancien président.

L'opposition fulmine

Des groupes d'opposition n'ont pas tardé à réagir à ses annonces et appelé à des manifestations nationales de protestation, samedi prochain, jour où des marches étaient déjà organisées pour rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie lors de révolution de 2011.

Certains n'ont toutefois pas attendu à samedi pour agir. Des opposants au président sont descendus dans les rues du Caire jeudi soir, mais ils ont rencontré une manifestation en soutien à Mohamed Morsi.

Lors d'une conférence de presse conjointe, les opposants, menés par le syndicat des avocats, ont accusé le président Morsi « de monopoliser les trois branches » du pouvoir et de mettre à mal « l'indépendance de la justice ».

L'opposant Mohamed ElBaradei a estimé que les mesures affectent toutes les forces politiques du pays.

D'autres craignent que le mouvement pro-démocratie qui a montré la porte au régime de Hosni Mobarak en 2011 soit acculé au pied du mur par le gouvernement islamiste, qui s'approprie lentement tous les pouvoirs.

Le président Morsi disposait déjà de tous les pouvoirs exécutifs et législatifs.

Dans les rues toutefois, des partisans du président exprimaient leur joie. Ils estiment que les mesures prises permettront de traduire en justice les dirigeants corrompus et de rendre justice à ceux qui ont lutté pour faire tomber le précédent régime.

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