La signature du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël est reportée

Le compte rendu de notre envoyé spécial Jean-François Bélanger

Alors que tout le monde attendait la signature d'un cessez-le-feu dans la soirée, un responsable du Hamas a déclaré que l'annonce était reportée à mercredi.

« La trêve est retardée parce que nous attendons la réponse de la partie israélienne », a déclaré Ezzat al Richk, un membre du bureau politique du Hamas.

Al-Arabiya a obtenu le projet d'accord contenant les demandes des deux parties, qui fait l'objet d'intenses tractations. Voici les demandes des belligérants :

Le Hamas exige d'Israël :
1-l'arrêt des assassinats ciblés
2-l'arrêt des intrusions dans la bande de Gaza
3-la levée du blocus (revenir à l'accord de 2005)
4-la levée des restrictions contre les pêcheurs gazaouis
5-le passage de Rafah est du ressort du Hamas et de l'Égypte

Israël exige du Hamas :

1-l'arrêt des tirs de roquettes
2-l'arrêt des attaques contre les cibles israéliennes

Quelques chiffres sur la bande de Gaza

La bande de Gaza est l'un des territoires au monde où la densité de la population est la plus élevée. Sur une superficie de 360 kilomètres carrés vivent plus de 1,5 million d'habitants, soit plus de 4500 personnes par kilomètre carré.

  • Le taux de chômage est de 34 %
  • 80 % de la population dépend de l'aide alimentaire
  • Un seul camion avec des produits destinés à l'exportation était autorisé à sortir de Gaza en 2011
  • Israël a imposé des restrictions de sorte que 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles
  • En raison de la surpopulation, 85 % des écoles offrent un « double service » - un le matin, l'autre l'après-midi - aux élèves

Sources : le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens de l'ONU (rapport de juin 2012)

Plus tôt, mardi, le président égyptien Mohamed Morsi a déclaré que « la grotesque agression israélienne va cesser aujourd'hui », mais sa déclaration a été démentie dans les faits.

Par ailleurs, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton est arrivée à Tel-Aviv dans la soirée, où elle a rencontré le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Lors d'un bref point de presse, elle a renouvellé l'appui des États-Unis au « droit d'Israël de se défendre ».

« L'engagement américain pour la sécurité d'Israël est fort comme un roc et inébranlable. C'est pourquoi je pense qu'il est essentiel (d'obtenir) une désescalade de la situation à Gaza », a affirmé Mme Clinton.

Elle a également indiqué qu'elle allait travailler avec le premier ministre israélien et les dirigeants de la région pour « une paix durable ».

Le président américain a décidé de dépêcher sa secrétaire d'État dans la région pour « souligner l'intérêt américain pour une solution pacifique qui protège et augmente la sécurité d'Israël et la sécurité régionale ».

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, a de son côté réitéré son appui inconditionnel à l'État d'Israël, estimant que les tirs de roquettes du Hamas sont de « méprisables actes terroristes qui ciblent des civils ».

Au Caire, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé toutes les parties « à cesser le feu immédiatement », précisant que « toute nouvelle escalade mettrait toute la région en péril ». Ban Ki-moon a par ailleurs rencontré le chef du gouvernement israélien mardi.

« Tout le monde réalise que M. Nétanyahou en déclenchant cette opération militaire, met tout le Moyen-Orient en danger de nouvelles guerres. » — Leïla Shahid, représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne

Mme Clinton et M. Ban ne sont pas les seuls à se rendre dans la région pour offrir leur soutien et demander aux deux parties de mettre « immédiatement » un terme aux hostilités.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, est à Gaza mardi « pour faire comprendre » et « faire sentir aux habitants de Gaza qu'ils ne sont absolument pas seuls ».

Des soldats israéliens dans leurs tanks, près de la frontière avec la bande de Gaza. Des soldats israéliens dans leurs tanks, près de la frontière avec la bande de Gaza.  Photo :  AFP/MENAHEM KAHANA

Sur le terrain

Tout projet d'invasion terrestre de la bande de Gaza a été suspendu par Israël, mardi. Mais les bombardements continuent et les Gazaouis ont reçu un ordre d'évacuation qui a semé la panique.

Pas de déclaration unanime à l'ONU

Après des heures de rencontres à huis clos aux Nations unies, les ambassadeurs de l'ONU ont annoncé que le Conseil de sécurité tiendra un débat sur la crise dans la bande de Gaza mercredi après-midi, si aucun cessez-le-feu n'a été conclu d'ici là.

Cette déclaration est survenue après que les États-Unis eurent bloqué l'adoption à l'ONU d'un texte condamnant l'escalade du conflit entre Israël et les Palestiniens.

L'adoption de cette résolution devait être unanime. Or, Washington l'a rejetée parce qu'elle ne « traitait pas de la racine du problème ». Les États-unis déplorait aussi que la déclaration ne demandait pas l'arrêt total et immédiat des tirs de roquettes de Gaza sur Israël.

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