Israël déploie ses troupes vers la bande de Gaza

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le récit de Frédéric Nicoloff

Au moment où les bombardements et les tirs de roquettes s'intensifient à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, le gouvernement israélien ordonne le rappel immédiat de 30 000 réservistes de l'armée.

Selon un porte-parole de l'armée israélienne, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a approuvé jeudi le rappel de milliers de réservistes, susceptibles d'être mobilisés à tout moment.

Une annonce qui, selon plusieurs observateurs, suggère le déclenchement d'une offensive terrestre israélienne imminente contre la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. En soirée, Israël avait d'ailleurs déjà commencé à y déployer ses troupes, selon Al-Jazira.

Le réseau rapporte qu'une douzaine de camions chargés de chars et de véhicules blindés ainsi que des autobus transportant des soldats se déplaçaient vers la zone frontalière.

Cette nouvelle étape survient au deuxième jour d'une offensive d'Israël contre des groupes armés du Hamas.

L'intensification des hostilités entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza a fait au moins 21 morts depuis mercredi.

Des secouristes israéliens évacuent le corps d'une des trois victimes d'un tir de roquette en provenance de la Palestine. Des secouristes israéliens évacuent le corps d'une des trois victimes d'un tir de roquette en provenance de la Palestine.  Photo :  AFP/JACK GUEZ

Jeudi matin, 15 ou 16 Palestiniens, selon les différents médias, ont été tués lors de bombardements de l'aviation, de la marine et de l'artillerie israéliennes dans les villes de Gaza et de Khan Younès. Au moins trois autres Palestiniens sont morts en soirée dans des raids menés sur Beit Hanoun, dans le nord du territoire palestinien.

Le ministère de la Défense israélien dit avoir ciblé 300 sites névralgiques depuis le début de son offensive.

Les combattants palestiniens ont de leur côté tué trois civils israéliens lors du tir de plusieurs dizaines de roquettes sur le territoire israélien.

Les trois personnes se trouvaient dans un immeuble de la ville de Kiryat Malachi, à 25 km au nord de Gaza, lorsque la fusée explosive a atteint leur immeuble.

Les tirs s'approchent de Tel-Aviv

Plus tard, un missile palestinien est tombé en mer près de Tel-Aviv, obligeant les habitants de la ville à courir dans les abris. Les sirènes d'alerte ont retenti quelques minutes avant l'arrivée du missile.

Peu de temps après, la branche armée du Djihad islamique, les Brigades Al-Qods, a affirmé dans un communiqué « avoir bombardé Tel-Aviv avec une roquette Fajr 5 ». Ce missile de fabrication iranienne a une portée maximale de 75 km.

C'est la première fois qu'un missile tombe aussi près de la capitale économique du pays, depuis la guerre du Golfe, en 1991.

Le système israélien d'interception « Dôme de fer » aurait quant à lui abattu des dizaines de roquettes artisanales en provenance de la bande de Gaza. Israël rapportait en outre le tir de 274 roquettes contre son territoire en provenance de la bande de Gaza.

Visite du premier ministre égyptien à Gaza

À Washington, le président des États-Unis, Barack Obama, s'est entretenu avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président égyptien, Mohamed Morsi, pour tenter de désamorcer la situation et les exhorter à oeuvrer pour une « désescalade de la violence ».

L'Égypte, qui joue un rôle de médiateur entre Israël et le Hamas, a par ailleurs annoncé que son premier ministre, Hicham Qandil, se rendrait vendredi à Gaza. Hicham Qandil pourrait être accompagné de plusieurs ministres.

Le gouvernement russe a condamné l'offensive israélienne qu'il a qualifiée de « réaction disproportionnée » tout en précisant que les attaques du Hamas contre Israël sont « inacceptables ».

« Les attaques dans le sud d'Israël aussi bien que les bombardements disproportionnés [d'Israël] sur Gaza, en particulier quand ils font des victimes civiles des deux côtés, sont totalement inacceptables », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe.

Londres, de son côté, accuse le Hamas d'être « le principal responsable de la crise actuelle » à Gaza et en Israël.

« Je condamne totalement les attaques à la roquette depuis Gaza vers le sud d'Israël, mené par le Hamas et d'autres groupes armés », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué.

Le Hezbollah brandit la menace économique

Le Hezbollah exhorte pour sa part les pays arabes à exercer sur les pays occidentaux tous les moyens de pression politiques et économiques possibles pour qu'Israël cesse ses raids aériens sur l'enclave palestinienne.

Le chef du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah, estime que les pays arabes producteurs de pétrole doivent par exemple réduire leurs exportations ou en augmenter le prix.

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