Le monde arabe en mutation

Bachar Al-Assad veut « vivre et mourir » en Syrie

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le président syrien Bachar Al-Assad, dans une mosquée à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, en août dernier. Bachar Al-Assad, dans une mosquée à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, en août dernier. (archives)  Photo :  PC/HOPD

« Je suis syrien et je dois donc vivre et mourir en Syrie », a déclaré le président Bachar Al-Assad dans un entretien accordé à la chaîne russe en langue arabe, Roussiya al-Youm, et dont des extraits ont été diffusés jeudi.

Bachar Al-Assad, qui rejette ainsi les appels d'une partie de la communauté internationale à son départ du pays, met en garde contre toute intervention étrangère pour le déloger du palais présidentiel. Le coût serait « supérieur à celui que le monde peut payer ». Cela entraînerait « un effet domino » qui affecterait « le monde de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique », explique le président syrien.

Le président Al-Assad, qui présente son pays comme le « dernier bastion de la laïcité, de la stabilité et de la coexistence dans la région », ne pense pas que « l'Occident aille dans cette direction, mais s'il le fait, personne ne peut prédire ce qui se passera après ».

Cette interview est rendue publique au lendemain de la proposition du premier ministre britannique David Cameron, qui offre une « sortie sécurisée » au président Bachar Al-Assad de Syrie si cela peut mettre fin à l'effusion de sang.

Les principaux responsables de l'opposition syrienne sont à Doha pour tenter d'unifier leurs rangs.

Selon l'opposant Riad Seif, un des participants, les différentes formations étaient près jeudi soir d'un accord sur une structure politique unifiée dont serait issu un gouvernement de transition.

« Il faut que l'opposition surmonte ses divisions et arrive à s'entendre sur une instance dirigeante qui aurait de la crédibilité aux yeux des Syriens de l'Intérieur et de la communauté internationale », a déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed ben Hilli.

Des combats, encore des combats

Sur le terrain, les combats se poursuivent. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) signale des accrochages entre rebelles et militaires ainsi que des bombardements dans plusieurs quartiers de Damas.

L'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins dans tout le pays, fait état de plusieurs tirs de roquettes sur les quartiers de Nahar Aïcha et de Midane, où une femme a péri.

L'ONG rapporte également des combats dans le quartier de Mazzé et une campagne de perquisition menée par les forces de sécurité à Kafar Soussé, dans le sud-ouest de la capitale, pendant que des renforts militaires affluaient jeudi matin vers Tadamoun et le camp palestinien de Yarmouk, en proie à des combats depuis plusieurs jours.

Au total, 20 personnes sont mortes dans tout le pays jeudi, selon un premier bilan de l'OSDH, au lendemain de la mort de 133 personnes, dont une soixantaine à Damas et dans sa région.

Quelque 37 000 personnes ont été tuées depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé, selon l'OSDH.

La Croix-Rouge lance un cri d'alarme et affirme ne plus parvenir à faire face à l'aggravation de la situation humanitaire en Syrie.

Un avion arménien transportant de l'aide humanitaire pour la Syrie a été forcé d'atterrir en Turquie pour une fouille de sa cargaison, rapporte l'agence de presse Anatolie.

L'appareil, un avion-cargo Antonov-12 en provenance d'Erevan et à destination de la ville syrienne d'Alep, a été contrôlé à l'aéroport d'Erzurum, dans l'est de la Turquie. Des policiers et des militaires aidés de chiens sont montés à bord pour procéder à l'inspection.

Selon une source diplomatique citée par Anatolie, il s'agit d'une « procédure de routine », la compagnie aérienne arménienne ayant accepté deux jours plus tôt, lors de sa demande d'autorisation de survol du territoire turc, la possibilité d'un contrôle au cours du trajet.

Mercredi, Ankara était en discussion avec l'OTAN pour le déploiement de missiles Patriot à la frontière syrienne.

La tension ne cesse de s'accroître entre le régime de Bachar Al-Assad et Ankara depuis le début du conflit syrien. Le président turc, Abdullah Gül, a assuré que son pays se réservait le droit de se doter de tout type d'armes afin d'assurer sa défense.

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