Les Portoricains votent pour devenir le 51e État américain, mais restent divisés

Drapeau américain  Photo :  IS/duckycards

Une majorité de Portoricains ont voté mardi pour que leur île devienne le 51e État américain, un signe que Porto Rico est en voie de perdre son statut de territoire de deuxième classe, ont estimé les partisans de cette option.

Mais le vote de mardi se heurte à une réalité politique incontournable : l'île demeure profondément divisée sur sa relation avec les États-Unis, et plusieurs s'interrogent sur la validité du référendum.

Il y a aussi le fait que les électeurs ont délogé leur gouverneur favorable à l'intégration aux États-Unis, éliminant du même coup l'un des principaux partisans d'une mesure qui nécessitera de toute façon l'approbation du Congrès américain.

« Le statut d'État a remporté une victoire sans précédent, mais c'est une victoire artificielle », a déclaré Angel Israel Rivera Ortiz, professeur de sciences politiques à l'Université de Porto Rico. « (Le vote) reflète un électorat divisé et confus qui ne sait pas trop où il s'en va. »

Le président Barack Obama a déjà déclaré qu'il soutiendrait la volonté des Portoricains sur la question de la relation entre l'île et les États-Unis, et que le référendum de cette semaine servait de baromètre.

Mais le résultat n'est pas très clair. Il s'agissait d'un vote en deux temps. Les électeurs étaient d'abord appelés à dire s'ils étaient favorables au statut actuel de Porto Rico. Peu importe la réponse à cette question, les électeurs devaient ensuite choisir entre trois options : devenir un État américain, déclarer l'indépendance ou obtenir plus d'autonomie pour l'île de 4 millions d'habitants.

Plus de 900 000 électeurs, soit 54 %, ont répondu « non » à la première question, se disant insatisfaits du statut actuel. Près de 800 000 personnes, soit 61 % des électeurs ayant voté à la deuxième question, ont choisi le statut d'État américain parmi les trois options. C'est la première fois en 45 ans qu'une majorité d'électeurs portoricains choisissent cette option.

« Nous avons écrit une page d'histoire avec ce plébiscite », a déclaré le commissaire résident de Porto Rico, Pedro Pierluisi, qui représente l'île à la Chambre des représentants à Washington.

Les résultats certifiés seront transmis à la Maison-Blanche et aux leaders du Congrès. Ce sera à eux de décider d'entamer ou non le processus d'intégration de Porto Rico dans l'union.

« La balle est désormais dans le camp du Congrès, et le Congrès devra réagir à ce résultat », a déclaré M. Pierluisi. « C'est un résultat clair qui dit non au statut actuel. »

Le gouverneur républicain Luis Fortuno, membre d'un parti favorable à l'intégration aux États-Unis, a salué le résultat et a dit espérer que le Congrès s'occupe du dossier.

Mais M. Fortuno ne sera pas là pour mener la lutte : les électeurs l'ont démis de ses fonctions après un seul mandat et ont choisi son opposant Alejandro Garcia Padilla pour le remplacer. M. Padilla veut que Porto Rico conserve son statut actuel d'« État libre associé » aux États-Unis.

Porto Rico est un territoire américain depuis 114 ans et ses habitants sont citoyens américains depuis 1917. Les Portoricains ne peuvent voter à l'élection présidentielle américaine, n'ont pas de représentant au Sénat et une représentation limitée à la Chambre des représentants.

L'indépendance était autrefois un mouvement politique dominant à Porto Rico, mais ce n'est plus le cas : seulement 6 % des électeurs ont choisi cette option mardi.

Associated Press


Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

info en continu

Facebook