Film anti-islam: la tête du réalisateur mise à prix

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press, Reuters et L'Express
Charlie Hebdo menacé

Un ministre pakistanais a promis samedi une prime de 100 000 dollars à quiconque tuera le réalisateur de L'innocence des musulmans. Le film controversé continue de susciter la colère du monde musulman.

« J'annonce que je donnerai 100 000 dollars à celui qui tuera ce blasphémateur qui a outragé le saint prophète », a déclaré le ministre pakistanais des chemins de fer, Ghulam Ahmed Bilour, lors d'une conférence de presse organisée à Peshawar, dans le nord-ouest du pays,.

« J'appelle aussi les talibans et les frères d'Al-Qaïda à participer à cette noble action » a ajouté le ministre. S'il en avait l'occasion, Ghulam Ahmed Bilour assure qu'il tuerait de ses propres mains le réalisateur du film, Nakoula Basseley, qui réside près de Los Angeles. « Ensuite, on pourra me pendre », a-t-il conclu.

Le Pakistan a été le principal foyer des manifestations contre le film anti-islam. Vendredi, après la grande prière, une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes a parfois dégénéré en violences, faisant 21 morts et plus de 200 blessés.

Des milliers de personnes ont à nouveau manifesté samedi au Pakistan contre le film, mais dans le calme cette fois.

Nouvelles manifestations

Ailleurs dans le monde musulman, la colère contre le film islamophobe L'innocence des musulmans ne s'éteint pas.

À Dacca, la capitale du Bangladesh, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait de nombreux blessés.

À l'appel de dizaines d'organisations islamiques, les manifestants sont descendus dans les rues pour dénoncer le film. Les affrontements ont éclaté lorsque les policiers ont tenté de bloquer la manifestation à coups de matraque et de gaz lacrymogène.

Selon des témoins, les manifestants ont brûlé plusieurs véhicules, dont un de la police. Un responsable de la police affirme que plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés.

Dans la foulée, les manifestants ont appelé à une grève générale dimanche pour protester contre les agissements des policiers.

Vendredi, plus de 2000 personnes avaient défilé à Dacca et brûlé un faux cercueil recouvert d'un drapeau américain à l'effigie du président des États-Unis, Barack Obama.

Au Nigéria, un des plus importants pays musulmans en termes de population, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Kano, la principale ville du nord du pays à majorité musulmane.

La manifestation s'est étendue sur plusieurs kilomètres, selon un journaliste de l'AFP.

« Mort à l'Amérique, mort à Israël et mort aux ennemis de l'islam », scandait la foule.

Des manifestants dans les rues de Kano, au Pakistan. Des manifestants dans les rues de Kano, au Pakistan.  Photo :  AFP/AMINU ABUABAKAR

A Srinagar, au Cachemire indien, quelque 200 étudiants ont manifesté pacifiquement en criant : « À bas l'Amérique » et « Longue vie à l'islam ».

En Europe, des manifestations pacifiques ont eu lieu en Allemagne. Quelque 1500 personnes ont manifesté « sans aucun incident » samedi à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, contre le film anti-islam, a déclaré un porte-parole de la police.

La manifestation faisait suite à d'autres défilés en Allemagne, organisés à Fribourg et Münster et qui ont réuni, là encore dans le calme, plusieurs centaines de personnes vendredi. D'autres marches étaient prévues ce week-end à Karlsruhe et Hanovre.

Google répond à la demande de la Jordanie

D'autre part, les autorités jordaniennes ont obtenu de Google qu'il supprime tous les liens conduisant au film L'Innocence des musulmans dans le royaume.

« La Jordanie a demandé à Google de supprimer les liens conduisant au film anti-islam, ce qu'il a accepté », a indiqué un porte-parole du ministère de la Communication, qui a requis l'anonymat.

Cependant, des journalistes sont parvenus à accéder au film en matinée via Google et YouTube.

Le site YouTube, détenu par Google, a annoncé mercredi dans un communiqué que l'accès au film serait limité « dans les pays où les autorités le jugent illégal soit, à ce jour, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, et l'Arabie saoudite ».

Une arrestation en France

Un homme d'une quarantaine d'années soupçonné d'avoir appelé à décapiter le directeur de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo sur un site djihadiste a été interpellé samedi matin à La Rochelle, dans l'ouest de la France.

L'homme est soupçonné d'avoir écrit sur ce site Internet radical: « Qui m'apporte cette tête, c'est le vase qui déborde », selon une source judiciaire.

Il aurait également appelé à surveiller le directeur de l'hebdomadaire satirique. « L'essentiel, ne le laissez pas vivre en paix », aurait-il écrit.

L'hebdomadaire a publié mercredi des caricatures du prophète Mahomet, qui ont soulevé la controverse en France.

Les autorités françaises ont interdit des manifestations auxquelles ont appelé des groupes via les réseaux sociaux. Finalement, aucune manifestation n'a eu lieu. Un important dispositif policier a été déployé dans plusieurs villes.

Cependant, 21 personnes, dont plusieurs femmes voilées, ont été interpellées à Paris lors de contrôles d'identité, place de la Concorde, où s'était déroulée une manifestation samedi passé dénonçant le film L'innocence des musulmans.

Un des 152 interpellés lors de cette manifestation a été condamné à trois mois de prison pour « participation à un attroupement armé et port d'arme ».

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