Syrie : Bachar Al-Assad reçoit l'émissaire Brahimi

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Rencontre entre Bachar Al-Assad et Lakhdar Brahimi à Damas, le 15 septembre. Rencontre entre Bachar Al-Assad et Lakhdar Brahimi à Damas, le 15 septembre.  Photo :  PC/HOPD

Le président syrien Bachar Al-Assad s'est entretenu samedi avec Lakhdar Brahimi à Damas, rencontre au cours de laquelle l'émissaire international a insisté sur le danger que la guerre en Syrie affecte l'ensemble du monde.

« La crise est dangereuse, elle s'aggrave et elle représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde », a déclaré le médiateur aux journalistes dans un hôtel de Damas, après son entretien avec le chef d'État syrien.

« Je pense que le président Assad se rend compte mieux que moi de la dimension et du danger de cette crise », a ajouté M. Brahimi. Selon lui, Bachar Al-Assad et ses conseillers ont promis de soutenir ses efforts. « Le gouvernement syrien a promis d'aider le bureau [du médiateur] à Damas pour qu'il mène à bien son travail », a-t-il affirmé. Ce bureau sera dirigé par le diplomate canadien Mokhtar Lamani.

L'émissaire Brahimi, qui se trouve à Damas pour tenter de trouver une solution à un conflit sanglant qui entre dans son 19e mois, rencontrait pour la première fois le président Assad depuis sa nomination comme émissaire. Celui qui a remplacé Kofi Annan dans ce rôle qualifie lui-même sa mission de « quasiment impossible ».

Lakhdar Brahimi avait eu des contacts vendredi avec des membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, opposition de l'intérieur), ainsi qu'avec l'ambassadeur russe et le chargé d'affaires chinois en Syrie. L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a aussi rencontré le personnel des Nations unies sur place, ainsi qu'un délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le représentant spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie a par ailleurs précisé qu'il serait de retour prochainement dans la région après avoir eu des entretiens avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, à New York.

Des soldats de l'armée régulière à Damas le 4 août 2012 Des soldats de l'armée régulière dans le quartier Tadamoun, à Damas, en août 2012.  Photo :  AFP

Poursuite des violences

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans les principales villes de la Syrie, soit Damas, Alep, Homs et Daïr az Zour.

Des habitants de la capitale syrienne disent avoir entendu de puissants bombardements au cours de la nuit, suivis par le bruit d'avions de chasse volant au-dessus de la ville, samedi matin.

À Alep, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que des hélicoptères ont attaqué samedi un poste de police tenu par les rebelles à Hanano, alors que les quartiers de Sakhour, Soukkari et de Qadi Askar étaient bombardés.

Dans la province de Deraa, dans le sud du pays, des accrochages opposaient les rebelles aux forces gouvernementales qui tentent de reprendre la région de Lajjat, relève la même source.

Selon l'OSDH, 160 personnes ont été tuées en Syrie vendredi seulement, et le bilan provisoire s'établit à plus de 27 000 tués, selon les opposants.

Les dates-clés des initiatives des Nations unies en Syrie, en 2012 :

  • 21 mars : Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, propose un plan de cessez-le-feu.
  • 14 avril : Le Conseil de sécurité approuve une première résolution sur la crise, autorisant l'envoi de 30 observateurs non armés pour surveiller le cessez-le-feu entré en vigueur et violé. Moscou et Pékin, qui ont mis leur veto à deux précédentes résolutions, donnent leur accord après de longues tractations.
  • 21 avril : Une deuxième résolution élargit la mission à 300 observateurs.
  • 7 juin : Des armes lourdes et des drones sont utilisés contre les observateurs de l'ONU, selon des diplomates.
  • 16 juin : Les observateurs de l'ONU suspendent leurs opérations en raison des violences, mais demeurent sur place.
  • 20 juillet : L'ONU prolonge de 30 jours la mission des observateurs, alors qu'un troisième veto sino-russe bloque une résolution du Conseil de sécurité qui menace le régime de sanctions.
  • 25 juillet : Le général sénégalais Babacar Gaye remplace le général Robert Mood comme chef des observateurs, dont la moitié a déjà quitté le pays.
  • 2 août : Kofi Annan démissionne de son poste de médiateur et fustige les grandes puissances pour le manque de soutien à sa mission.
  • 17 août : L'ex-ministre algérien Lakhdar Brahimi succède à Kofi Annan, deux jours avant l'expiration du mandat de la mission.
  • 1er septembre : M. Brahimi prend officiellement ses fonctions et appelle « toutes les parties à cesser la violence ».

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