Venezuela : Chavez malmène ses opposants, selon Human Rights Watch

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Hugo Chavez Le président vénézuélien Hugo Chavez le 4 mars 2012  Photo :  AFP/HO

Le gouvernement vénézuélien de Hugo Chavez est de nouveau ciblé par l'organisation humanitaire américaine Human Rights Watch (HRW) dans un rapport. L'organisation lui reproche de censurer, d'intimider et de poursuivre en justice ses opposants.

Dans le document intitulé « Concentration et abus de pouvoir dans le Venezuela de Chavez », HRW explique que le gouvernement mène la vie difficile aux Vénézuéliens qui critiquent le président. Cette situation résulte de « l'accumulation et la concentration des pouvoirs dans les mains de l'exécutif » ainsi que du « manque de contrepoids politique » dans le pays, selon le rapport.

Ce constat de l'organisation humanitaire vient confirmer les conclusions d'un rapport rendu public en 2008 dans lequel Human Rights Watch dénonçait déjà un « affaiblissement du système démocratique ».

Quatre plus tard, la situation ne cesse de s'aggraver, estime HRW. Elle cite notamment en exemples la fermeture de Radio Caracas Television (RCTV), les enquêtes et les amendes contre la chaîne privée Globovision, la détention de la juge Maria Lourdes Afiuni depuis 2009 pour avoir autorisé la liberté conditionnelle à un banquier accusé de corruption et la condamnation à la prison pour le chef de l'opposition Oswaldo Alvarez Paz pour avoir dénoncé les activités des narcotrafiquants.

Pour HRW, il ne fait pas de doute que ces affaires ont « envoyé un message clair : le président et ses partisans sont disposés à punir tous ceux qui viendront les défier ou entraver leurs ambitions politiques ».

Le rapport relève aussi des « mesures drastiques » prises par Hugo Chavez, qui sera candidat à sa succession pour l'élection présidentielle d'octobre malgré son cancer, dont il dit être guéri. Il vise par ces mesures à « conserver un contrôle politique » sur le pouvoir judiciaire, comme la désignation de juges ayant « exprimé publiquement leur engagement envers le gouvernement ».

Hugo Chavez a plusieurs fois rejeté les rapports de Human Rights Watch, qui l'écorchent régulièrement depuis son accession au pouvoir en 1999. Il accuse l'organisation d'ingérence dans les affaires intérieures du pays.

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