Un président islamiste

Le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, en conférence de presse, le 22 juinMohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans, diplômé d'une université américaine, devient ainsi le premier dirigeant islamiste à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe.

Mais sa marge de manoeuvre sera des plus limitées. À la suite de la dissolution sur décision de justice de la chambre des députés dominée par les islamistes, l'armée s'est en effet octroyée le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l'élaboration de la prochaine Constitution. Elle a toutefois promis de remettre le pouvoir au nouveau président avant le 30 juin.

La confrérie a vivement critiqué les dispositions constitutionnelles prises par l'armée et qui permettront aux militaires de rester un acteur central.

Montrant sa certitude de l'emporter, M. Morsi avait déjà rencontré d'autres groupes et établi un projet d'accord pour former un gouvernement de coalition nationale.

De nombreux Égyptiens et des millions de personnes dans la région considéraient une victoire potentielle de l'ex-général Chafic comme un coup mortel aux révolutions du Printemps arabe de 2011, malgré sa promesse de former un gouvernement non exclusivement composé d'islamistes.