Le gouverneur du Wisconsin reste en poste

Le gouverneur du Wisconsin Scott Walker salue ses partisans après avoir survécu à un vote de destitution le 5 juin 2012. Le gouverneur du Wisconsin Scott Walker salue ses partisans après avoir survécu à un vote de destitution le 5 juin 2012.  Photo :  AFP/SCOTT OLSON

Le gouverneur du Wisconsin Scott Walker a remporté le scrutin à un vote de destitution, défaisant le maire démocrate de la ville de Milwaukee, ce qui lui permettra de conserver la fonction politique la plus importante de l'État.

M. Walker est le premier gouverneur de l'histoire des États-Unis à rester en poste à la suite d'une requête en destitution.

Après le dépouillement de 60 % des bureaux de scrutin, M. Walker récoltait 57 % des votes comparativement à 42 % pour son rival, Tom Barrett, selon des données préliminaires recueillies par l'Associated Press. M. Barrett a confié avoir téléphoné à M. Walker pour lui concéder la victoire.

Le gouverneur avait fait les manchettes dans l'ensemble du pays l'an dernier après s'être attaqué aux syndicats de la fonction publique peu de temps après son assermentation. Ce litige a été à la source de la requête en destitution et a préparé le terrain pour une deuxième confrontation avec M. Barrett, vaincu par M. Walker en 2010.

M. Walker soutenait que ses politiques étaient nécessaires pour faire face aux importants problèmes budgétaires de l'État. Ce revers est un coup dur pour les démocrates et pour les syndicats, qui souhaitaient la démission de M. Walker, élu depuis seulement 17 mois pour un mandat de quatre ans.

État clé pour la présidentielle

Le Wisconsin est un État stratégique pour l'élection présidentielle de novembre. L'État serait plutôt favorable à Barack Obama, mais le vote de mardi pourrait montrer une tendance des électeurs à se tourner vers son adversaire républicain, Mitt Romney. Si M. Romney gagne le Wisconsin en novembre, ce sera la première fois qu'un candidat présidentiel républicain remporte cet État depuis 1984, lors de l'élection de Ronald Reagan.

Les syndicats et les démocrates sont profondément en colère contre la décision de M. Walker de retirer aux employés de l'État leur pouvoir de négociation collective. Les syndicats de tout le pays suivaient attentivement le résultat du scrutin.

La victoire de Scott Walker pourrait encourager les partisans du mouvement ultraconservateur Tea Party, qui veut diminuer la taille du gouvernement, les déficits et les impôts. Le candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney appuie les politiques fiscales du Tea Party et veut les implanter au niveau fédéral.

Défendre le gouverneur Walker était devenu une importante cause pour les républicains hors du Wisconsin, qui appuient ses positions antisyndicalistes et pro-entreprises.

Le gouverneur Scott Walker vote dans le cadre de l'élection portant sur sa destitution le 5 juin 2012, au Wisconsin. Le gouverneur Scott Walker vote dans le cadre de l'élection portant sur sa destitution le 5 juin 2012, au Wisconsin.  Photo :  AFP/Tom Lynn

Les seuls gouverneurs ayant fait face à une élection populaire sur leur renvoi l'avaient perdue. Le cas le plus récent est celui de la destitution du gouverneur de la Californie, Gray Davis, qui a été remplacé par Arnold Schwarzenegger en 2003.

Tom Barrett, actuellement maire de Milwaukee, la plus grande ville du Wisconsin, avait obtenu le soutien de plusieurs personnalités démocrates, dont l'ancien président Bill Clinton. Mais le président Obama a gardé ses distances et n'a pas fait campagne pour M. Barrett, ne voulant probablement pas être associé directement à une éventuelle défaite, cinq mois avant l'élection présidentielle.

« C'est jour d'élection demain au Wisconsin », a écrit le président sur Twitter lundi. « Je me range derrière Tom Barrett. Il ferait un gouverneur extraordinaire », s'est-il limité à dire.

Austérité et antisyndicalisme

Peu après son arrivée en poste, le gouverneur Walker a présenté un projet de loi pour retirer aux employés de l'État syndiqués la plupart de leurs droits de négociation collective et les forcer à contribuer davantage à leurs programmes d'assurance et à leurs régimes de retraite.

De nombreux employés de l'État en colère, des enseignants aux pompiers en passant par les policiers, ont organisé de grandes manifestations à Madison, la capitale du Wisconsin, pour dénoncer le projet. Mais la législature de l'État, dominée par les républicains, a finalement adopté la proposition du gouverneur.

Les opposants de Scott Walker ont ensuite amassé 900 000 signatures pour forcer l'organisation d'une élection sur sa destitution.

Au moins 62 millions de dollars américains ont été dépensés dans le cadre de ce scrutin, du jamais vu au Wisconsin. L'équipe de Scott Walker a dépensé 29 millions de dollars, tandis que celle de Tom Barrett a dépensé 4 millions de dollars.

Les comités d'action politique de l'extérieur de l'État ont quant à eux dépensé 21 millions de dollars pour soutenir l'un ou l'autre des candidats, tandis que les groupes d'intérêts particuliers, qui n'ont pas à dévoiler l'ampleur de leurs dépenses, ont mis au moins 7,5 millions de dollars dans ce scrutin.


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