Le monde arabe en mutation

Syrie : les violences reprennent malgré l'arrivée des observateurs

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Un char de l'armée syrienne déployé dans la province de Hama le 15 avril 2012. Un char de l'armée syrienne déployé dans la province de Hama le 15 avril 2012.  Photo :  AFP/SHAAM NEWS NETWORK

Au premier jour de la mission des observateurs internationaux chargés de veiller au respect du fragile cessez-le-feu en Syrie, les affrontements entre les forces du régime et les déserteurs de l'armée se sont poursuivis lundi dans plusieurs villes du pays.

Les bombardements de l'armée syrienne ont continué à Homs, de violents combats ont été signalés à Idleb (nord-ouest) et deux civils ont été tués par les forces gouvernementales à Hama (centre), rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.

À Homs, « les forces gouvernementales bombardent au mortier les quartiers de Khaldiyé et de Bayada », a ajouté l'ONG, précisant que 30 % de cette ville considérée par les militants comme la « capitale de la révolution » échappait encore au contrôle de l'armée.

Selon l'OSDH, 41 personnes ont été tuées en Syrie depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu prévu par le plan de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, et accepté par le régime de Damas.

Selon ce plan, l'armée syrienne devait se retirer des villes le 10 avril dernier afin de permettre un cessez-le-feu total 48 heures plus tard. Vendredi, Kofi Annan jugeait que le cessez-le-feu était « globalement respecté », même si des violences étaient toujours rapportées par des militants.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé à l'unanimité samedi l'envoi de 30 observateurs chargés de surveiller ce cessez-le-feu. Kofi Annan souhaite toutefois porter les effectifs à 250, mais cela nécessitera une nouvelle résolution et l'arrêt total des violences.

Un premier groupe de six observateurs non armés est arrivé dans la capitale dimanche soir, sous la direction du colonel marocain Ahmed Himmiche.

« La mission commencera par mettre en place [lundi] matin un QG opérationnel et par prendre contact avec le gouvernement syrien et les forces de l'opposition afin que les deux parties comprennent pleinement le rôle des observateurs de l'ONU », a indiqué le porte-parole de l'émissaire international, Ahmad Fawzi.

Selon le dernier bilan des Nations unies, les violences en Syrie ont fait plus de 9000 morts, essentiellement des civils, depuis le début de la contestation. L'OSDH affirme de son côté que 10 000 personnes ont perdu la vie depuis plus d'un an.

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