Obama n'exclut « aucun moyen » contre les ambitions nucléaires de l'Iran

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le président américain Barack Obama devant des partisans démocrates, à New York, le 1er mars Le président américain Barack Obama devant des partisans démocrates, à New York, le 1er mars  Photo :  AFP/SAUL LOEB

Le président américain Barack Obama a affirmé, dans une entrevue parue vendredi, qu'il n'excluait « aucun moyen » contre les ambitions nucléaires de l'Iran.

Il a néanmoins mis en garde Israël contre toute action qui permettrait à Téhéran de se présenter en « victime », trois jours avant de recevoir le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à Washington.

Israël maintient l'incertitude sur une éventuelle intervention militaire unilatérale pour empêcher la République islamique de développer l'arme nucléaire.

« Au moment où l'Iran ne bénéficie pas de beaucoup de sympathie, et où son seul allié [NDLR : la Syrie, NDLR] est en pleine ébullition, voulons-nous une diversion qui permettrait à l'Iran de se poser en victime? », demande-t-il, dans un entretien publié vendredi par le magazine The Atlantic.

M. Obama précise cependant que son pays n'excluait « aucun moyen » pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, citant entre autres « un versant militaire ».

« Je crois que le gouvernement israélien reconnaît que, comme président des États-Unis, je ne bluffe pas », affirme Barack Obama. « Et ce n'est pas ma politique d'aller partout faire la publicité de ce que sont exactement nos intentions. Mais [les deux gouvernements] savent que quand les États-Unis disent qu'il est inacceptable que l'Iran possède l'arme nucléaire, nous le pensons vraiment ».

Le gouvernement Obama défend jusqu'ici une stratégie de sanctions et d'isolement pour faire renoncer Téhéran à son programme controversé, et tente de dissuader Israël de lancer une offensive.

M. Nétanyahou, en visite au Canada avant de se rendre aux États-Unis, a quant à lui insisté vendredi sur la nécessité de « préserver la liberté d'Israël » de répondre aux menaces de l'Iran.

« Tout pays exigerait la même chose », a-t-il ajouté, semblant poser les termes du débat avec M. Obama.

« L'Iran continue à avancer rapidement et avec arrogance dans son programme nucléaire, en méprisant totalement les décisions de la communauté internationale », avait prévenu cette semaine M. Nétanyahou.

M. Obama a pris acte de cette inquiétude. « Je pense que le premier ministre a la profonde responsabilité de protéger les Israéliens dans un environnement hostile, et je suis certain qu'il prend en compte l'histoire de l'Holocauste, de l'antisémitisme et des violences contre les juifs depuis plus d'un millénaire quand il réfléchit à ces questions », indique le président dans l'entretien publié vendredi.

« Il est important de reconnaître, toutefois, que le premier ministre est aussi le dirigeant d'un État moderne, qui sait quels sont les coûts de toute action militaire, et d'après nos consultations avec le gouvernement israélien, je pense qu'il prend ces coûts, et les conséquences possibles, très au sérieux », ajoute-t-il.

Évoquant ses relations avec Benyamin Netanyahou, souvent dépeintes comme tendues, Barack Obama les a décrites comme « très franches, très directes et très honnêtes ».

La gestion du dossier nucléaire iranien, déjà périlleuse pour M. Obama, est compliquée encore par le fait qu'il est candidat à sa réélection en novembre.

Par ailleurs, le président doit s'exprimer dimanche à Washington devant le principal lobby pro-Israël aux États-Unis, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). M. Nétanyahou s'exprimera quant à lui devant cet auditoire lundi.

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