Daniel Ortega réélu président du Nicaragua

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Daniel Ortega, los du vote, dimanche, à Managua Daniel Ortega, los du vote, dimanche, à Managua  Photo :  AFP/ELMER MARTINEZ

Le président sortant du Nicaragua Daniel Ortega a été réélu dimanche dès le premier tour de la présidentielle avec 62,6 % des voix, a annoncé lundi le Conseil électoral suprême (CES). Fabio Gadea, son principal opposant, qui aurait récolté 30,9 % des suffrages, refuse de reconnaître cette victoire.

Ces résultats viennent confirmer une projection établie plus tôt, qui donnait l'ancien guérillero marxiste gagnant loin devant Fabio Gadea, entrepreneur et ex-professionnel de la radio.

Pour l'emporter au premier tour, un candidat devait recueillir 40 % des voix, ou 35 % s'il détient une avance d'au moins 5 points de pourcentage sur son plus proche poursuivant.

Les quatre rivaux du président sortant, qui a aussi dirigé le pays de 1985 à 1990, étaient tous d'allégeance conservatrice.

« C'est une victoire du christianisme, du socialisme et de la solidarité, s'est exclamée à la radio la femme de Daniel Ortega, Rosario Mullio, qui est aussi sa porte-parole. Nous promettons de continuer à oeuvrer pour le bien commun ».

Des problèmes dans certains bureaux de scrutin

Les observateurs électoraux rapportent des problèmes lors du vote, dimanche. Dante Caputo, le chef des observateurs de l'Organisation des États américains (OEA), dit notamment que ses équipes ont eu des difficultés à accéder à environ 20 % des 52 bureaux de vote où ils comptaient se rendre.

Un groupe national d'observateurs dit avoir reçu 600 plaintes concernant des irrégularités, tandis que le chef de la mission de l'Union européenne, Luis Yanez, rapporte avoir constaté des anomalies.

Des partisans de Fabio Gadeo accusent le parti au pouvoir d'avoir manipulé le processus électoral et d'avoir bourré des urnes.

La candidature même de Daniel Ortega a fait l'objet d'une controverse. Elle a été autorisée en 2009 par la Cour suprême du pays, malgré le fait que la Constitution interdit à quiconque de briguer un deuxième mandat consécutif.

Le vote a d'ailleurs été émaillé de violences entre partisans et opposants de Daniel Ortega. Dix-sept personnes ont notamment été blessées dans le département de Matagalpa, dans le nord du pays.

Des partisans de Daniel Ortega ont manifesté dans les rues de Managua dimanche soir. Des partisans de Daniel Ortega ont manifesté dans les rues de Managua dimanche soir.  Photo :  AFP/JORGE CABRERA

Les 3,4 millions d'électeurs de plus de 16 ans devaient aussi renouveler au scrutin proportionnel à un tour les 90 élus du Parlement unicaméral, où le Front sandiniste de libération nationale de M. Ortega n'est pas majoritaire. Les résultats des législatives ne sont pas connus.

Sous la férule de Daniel Ortega, le nombre d'habitants vivant sous le seuil de la pauvreté est passé de 65,5 % à 57 %, grâce notamment à un essor économique attribuable aux pétrodollars de son allié vénézuélien, Hugo Chavez.

Daniel Ortega a été un des leaders de la guérilla d'inspiration marxiste qui a renversé la dictature d'Anastasio Somoza, en 1979. Pendant 10 ans, les sandinistes, alliés de l'Union soviétique et de Cuba, ont tenu tête aux États-Unis qui armaient et finançaient les contre-révolutionnaires Contras. Le conflit a dégénéré en une guerre civile qui a fait environ 30 000 morts.

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