Flottille pour Gaza: les militants canadiens plient bagage

Le bateau canadien pour Gaza, le Tahrir. Le bateau canadien pour Gaza, le Tahrir (archives)

Les militants canadiens tentant de livrer de l'aide humanitaire à Gaza ont décidé de suspendre leur voyage pour l'instant.

Les organisateurs ont annoncé leur décision samedi après que le navire canadien, le Tahrir, ait été empêché de quitter un port grec pendant plusieurs semaines.

La Grèce a interdit le départ des bateaux devant se rendre dans la zone palestinienne sous blocus israélien, invoquant des raisons de sécurité.

Après des inspections et des délais administratifs, le navire canadien a tenté de quitter en direction de Gaza, lundi matin, mais a rapidement été intercepté par la garde côtière grecque.

L'organisateur David Heap, qui était à bord du Tahrir, s'est dit déçu de voir que le bateau n'a pas pu apporter de l'aide humanitaire à Gaza.

Le groupe a toutefois réussi à attirer l'attention sur les conditions là-bas, a-t-il dit.

« Il est certain que quelques personnes sont déçues », a-t-il expliqué à La Presse Canadienne lors d'une entrevue téléphonique accordée samedi en provenance de la Grèce.

« Nous avons cependant eu un important succès en réussissant à ramener ce problème à l'ordre du jour médiatique. »

Plusieurs autres navires qui devaient faire partie d'une flottille censée se rendre à Gaza ont également annoncé leur abandon, mais des organisateurs ont indiqué que d'autres pourraient encore tenter de faire le voyage.

Les organisateurs ont imputé la ligne dure grecque à la pression israélienne. Le pays est aux prises avec une crise économique et s'est rapproché d'Israël alors qu'il est à la recherche d'investissements étrangers.

Alors que plusieurs activistes canadiens sont déjà sur le voyage de retour, un organisateur montréalais explique qu'il ne s'agit que du début d'un effort pour informer les gens sur le blocus maritime de la Bande de Gaza par Israël.

« Nous allons commencer à préparer la prochaine étape et la manière de poursuivre le tout avec nos travailleurs », a déclaré Ehab Lotayef lors d'une entrevue.

« Je ne peux pas donner d'échéancier pour l'instant. »

Des détracteurs ont affirmé que la mission soutenait le Hamas, qui gouverne la Bande de Gaza et est classé comme organisation terroriste par le Canada et les États-Unis.

M. Lotayef a toutefois assuré que la flottille ne faisait pas affaire avec le Hamas et se concentrait sur la population.

« Il s'agit d'une initiative entre deux sociétés civiles ».

Le gouvernement Harper, cependant, est demeuré critique de la flottille.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a qualifié la mission de « provocante » et de « nuisible ». Il a également appelé ceux désirant livrer de l'aide humanitaire à Gaza à le faire via les canaux établis tels que la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.

La Presse Canadienne

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