Le bateau canadien Tahrir de la Flottille de la liberté est arraisonné par l'armée grecque

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Sébastien Bovet s'entretient avec Stéphan Corriveau, membre du comité de direction du navire canadien.

Le bateau canadien qui fait partie de la flottille pour Gaza a été arraisonné lundi par des gardes-côtes grecs, une dizaine de minutes après avoir quitté un port de Crète.

L'embarcation, renommée Tahrir d'après la place du Caire qui fut l'épicentre des manifestations en Égypte, en début d'année, a quitté le port d'Aghios Nikolaos peu avant 18 h, heure de la Grèce, sans l'autorisation des autorités portuaires.

Le bateau a rapidement été encerclé par des embarcations de la garde côtière, selon ce qu'a rapporté une militante du groupe. Des gardes-côtes armés sont ensuite montés à bord du navire. Il avait tenté d'obtenir une autorisation pour se rendre en Turquie pour satisfaire le gouvernement d'Athènes, mais en vain.

Selon les organisateurs, il transportait une quarantaine de personnes, dont des Canadiens, des Français et des Italiens.

Joint au téléphone par l'AFP, l'un des passagers, David Heap, a parlé d'une situation « chaotique ». « Je parle avec un homme armé d'une mitraillette. Tout est chaotique ici, a-t-il soutenu. [...] Il y a une quinzaine d'hommes armés qui repoussent les gens, nous n'utilisons pas la violence ».

La Grèce interdit depuis vendredi à tout bateau grec ou étranger de partir vers Gaza, justifiant cette décision par la nécessité de protéger les passagers de la flottille propalestinienne comprenant une dizaine de bateaux.

Grigoris Delavekouras, porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, a assuré que la Grèce avait une position « responsable ». « Nous nous souvenons tous des événements tragiques de l'an dernier. La région n'a pas besoin de ça en ce moment », a-t-il dit. Le militant Dror Feiler a de son côté accusé Athènes de faire « le sale boulot » pour Israël en empêchant les bateaux de partir.

Vendredi, l'Audacity of Hope, un navire américain, avait également été arrêté par les gardes-côtes helléniques après avoir pris le large depuis le port du Pirée.

En ce moment, seul le navire français, qui a quitté la Corse il y a plusieurs jours, se trouve en mer.

Les bateaux qui composent la Flottille de la liberté ont pour objectif de se rendre à Gaza pour acheminer de l'aide humanitaire aux habitants, malgré les menaces israéliennes de les empêcher d'atteindre leur destination.

Israël justifie son blocus par la volonté d'empêcher que des armes soient livrées aux islamistes du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

À Montréal, des manifestants se sont réunis lundi midi devant le consulat grec pour demander aux autorités de ne pas étendre le blocus jusqu'à ses ports en collaborant avec Israël.

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