Harper n'a pas parlé de la déclaration du G8 avec Nétanyahou, selon Soudas

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Benyamin Nétanyahou et Stephen Harper Les premiers ministres Benyamin Nétanyahou et Stephen Harper en mai 2010  Photo :  PC/Adrian Wyld

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, n'a pas abordé la question du Sommet du G8 avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, selon son directeur des communications, Dimitri Soudas.

Cette affirmation du porte-parole de M. Harper semble contredire les allégations publiées dans le journal israélien Haaretz. Selon le quotidien, Benyamin Nétanyahou aurait demandé à Stephen Harper de faire éliminer, dans la déclaration finale du Sommet du G8 de Deauville, en France, la référence aux frontières qui prévalaient avant la guerre des Six Jours en 1967 pour servir de base aux frontières d'un futur État palestinien. Dans un courriel qu'il a fait parvenir à La Presse Canadienne, M. Soudas a indiqué que M. Harper avait parlé à « différents leaders au cours des derniers jours, incluant le premier ministre israélien et le dirigeant de la Ligue arabe ».

Il a cependant ajouté que la discussion n'avait pas porté sur le Sommet du G8 tenu à Deauville.

Dimitri Soudas a précisé qu'on connaissait bien les opinions du premier ministre Harper sur le processus diplomatique au Proche-Orient qui doit aboutir à une solution à deux États, l'un d'entre eux étant un État juif reconnu comme tel et l'autre, un État palestinien. « La politique canadienne à ce sujet est de longue date », a-t-il déclaré.

Dans le discours sur le Moyen-Orient qu'il a prononcé plus tôt ce mois-ci, le président américain, Barack Obama, a suggéré de prendre les frontières de 1967 comme base pour les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Le premier ministre israélien avait aussitôt rejeté cette partie de l'allocution.

Selon Haaretz, Israël était particulièrement préoccupé par cette proposition, car au moins sept des huit pays membres du G8 étaient en faveur de son inclusion dans la déclaration finale du G8.

Les pays du G8 ont finalement adopté une déclaration ne faisant cependant pas mention des frontières israélo-palestiniennes.

Au terme du sommet, des médias ont cité des diplomates ayant soutenu que la proposition de M. Obama avait été exclue de la déclaration du G8 à la suite d'objections soulevées par le Canada.

Bob Rae surpris

Réagissant aux affirmations du journal Haaretz, le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, a dit ne pas comprendre la position du premier ministre Harper.

M. Rae soutient que la position du gouvernement canadien sur cette question est claire depuis l'adoption de la résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU, en 1967. Selon cette résolution, toute discussion de paix passe par « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant le récent conflit [guerre des Six Jours] » et le « respect et la reconnaissance de la souveraineté de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région, et leur droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces et d'actes de force ».

« C'est absolument surprenant pour moi de dire que le Canada n'appuie plus la résolution 242 parce que c'était la base de toute discussion », a déclaré M. Rae en entrevue à RDI.

À Québec, le sujet du Proche-Orient s'est imposé lors d'une rencontre d'ex-chefs d'État et de gouvernement. L'ancien président mexicain Vicente Fox s'est notamment dit d'avis que les États-Unis n'amenaient « que des problèmes » en intervenant dans le dossier.

Mise en garde de Baird sur la question de Gaza

Par ailleurs, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, veut dissuader les Canadiens de participer à une initiative d'aide aux Palestiniens qui n'est pas autorisée par Israël.

Il y a un an, des commandos israéliens avaient pris d'assaut une flotte qui faisait route vers la bande de Gaza avec 10 000 tonnes d'aide humanitaire. Le raid avait causé la mort de neuf militants propalestiniens d'origine turque.

Or, à deux jours du premier anniversaire de l'assaut, des activistes ont l'intention d'envoyer mardi une nouvelle flotte de navires transportant du matériel d'aide humanitaire.

Par voie de communiqué, le ministre Baird incite « fortement » les personnes qui désirent livrer des marchandises d'aide humanitaire à le faire par l'entremise de réseaux établis, comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

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