Un nouveau Conseil des droits de l'homme au Maroc

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le souverain du Maroc a créé un organisme de défense des droits de l'homme qu'il présente comme étant « autonome vis-à-vis des pouvoirs publics », rapporte l'Agence France-Presse.

Le roi Mohammed VI a annoncé la mise sur pied du Conseil national des droits de l'homme en remplacement de l'ancien Conseil consultatif, créé en 1990 par le roi Hassan II.

Le roi Mohammed VI du Maroc Le roi Mohammed VI du Maroc (archives)  Photo :  AP/MAP

Selon une source gouvernementale, des représentants des pouvoirs publics, mais aussi d'ONG et de partis politiques, ainsi que des personnalités indépendantes siégeront au sein de ce nouvel organisme.

Un militant des droits de la personne, Driss El-Yazami, auparavant à la tête du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, en sera le président. Exilé en France après avoir milité au sein de l'extrême gauche marocaine dans les années 1970, M. Yazami a aussi été secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme.

Au moins deux représentantes d'associations marocaines pour les droits de la personne ont déclaré qu'elles étudieraient les statuts du nouvel organisme avant de donner leur opinion à son sujet. L'une d'entre elles, Amina Bouayach, présidente de l'Organisation marocaine des droits de l'homme, a tout de même souligné la crédibilité des dirigeants du nouveau Conseil.

Le secrétaire général du nouvel organisme, Mohammed Sebbar, lui aussi un ancien militant, a expliqué que le Conseil national pourra demander l'ouverture d'enquêtes et mettre en oeuvre les recommandations d'une commission d'enquête sur la répression menée sous le roi Hassan II.

Cette commission, dont le mandat s'est terminé en 2005, prônait notamment l'abolition de la peine de mort et la fin de l'impunité. On lui a toutefois reproché de n'avoir jamais désigné de responsables de la répression. Quelque 18 500 personnes ont été indemnisées pour les agissements du pouvoir entre 1960 et 1999.

Rappelons que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 20 février dernier au Maroc pour réclamer des progrès sur les droits de l'homme.

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