Julian Assange dévoile son « système de sécurité »

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a dévoilé dimanche le « système » visant à poursuivre la mission de son organisation advenant la fermeture définitive de son site.

Au cours d'une entrevue exclusive à l'émission 60 minutes de la chaîne américaine CBS, M. Assange a affirmé que près de 100 000 personnes détenaient des copies cryptées des documents secrets colligés par Wikileaks et qu'il suffisait de leur donner une « clé » pour les déverrouiller.

Julian Assange et le journaliste Steve Kroft de l'émission 60 minutes, près de Londres, le 30 janvier 2011 Julian Assange et le journaliste Steve Kroft de l'émission 60 minutes, près de Londres  Photo :  PC/AP/CBS News-60 minutes
« Il y a des sauvegardes distribuées parmi de très nombreuses personnes, environ 100 000, et tout ce dont nous avons besoin, c'est de leur donner une clé cryptée qui leur permettra de continuer. » — Julian Assange

M. Assange a également affirmé que les États-Unis « n'ont pas la technologie pour fermer le site », dévoilant que de très nombreux clones existent partout sur la planète. « Nous avons maintenant à peu près 2000 sites web indépendants de toutes les manières, où nous publions, dans le monde », a-t-il affirmé.

Julian Assange, présentement assigné à résidence en Grande-Bretagne dans l'attente de procédures d'extradition vers la Suède, fait l'objet de fortes pressions depuis que son organisation a mis à jour des centaines de milliers de notes diplomatiques américaines.

Il avait auparavant rendu public des documents secrets sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Tous ces documents ont été fournis à WikiLeaks par des sources anonymes.

Depuis décembre, plusieurs entreprises bancaires ont fermé les comptes de WikiLeaks ou empêché tout transfert d'argent vers l'organisation, menaçant sa survie.

« Si un certain nombre de personnes étaient emprisonnées ou assassinées, là nous aurions le sentiment que nous ne pouvons pas poursuivre [la diffusion des documents], et d'autres personnes devraient prendre le relais [de notre action] et nous pourrions donner les clés », a-t-il affirmé.

Au cours de l'entretien, Julian Assange a démenti agir sous le coup de sentiments antiaméricains et s'est plutôt présenté comme un « militant de la presse libre ».

Il a refusé de commenter les accusations d'abus sexuels portées contre lui par deux femmes suédoises et il n'a pas voulu parler des possibles prochaines publications de documents secrets sur WikiLeaks.

En novembre dernier, M. Assange avait affirmé qu'il possédait de nombreux documents provenant d'une « grande banque américaine », soulevant des craintes tout particulièrement chez Bank of America.

Plus récemment, un ex-banquier suisse lui a transmis des disques durs contenant supposément des preuves de fraudes.

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