Des centaines de stations-service à sec

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Une des nombreuses stations-service du pays en rupture de stock. Une des nombreuses stations-service du pays en rupture de stock.  Photo :  AFP/Damien Meyer

Plus d'un millier de stations-service ont dû fermer leurs pompes lundi, en France, faute d'essence. Cette pénurie d'essence qui s'accentue dans le pays est le résultat des moyens de pression des employés de raffineries et des camionneurs français qui se sont joints au mouvement de contestation national contre la réforme des retraites.

Les camionneurs français intensifient leurs moyens de pression en perturbant l'approvisionnement pétrolier, provoquant des ruptures de stock dans plus d'un millier de stations-service du pays.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des groupes de camionneurs ont établi des barrages aux entrées des principaux dépôts pétroliers du pays.

Lundi matin, au moins 1500 des 12 500 stations-service du pays étaient en rupture de stock, selon l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP) qui contrôle 60 % des ventes de carburant en France. Les douze raffineries de pétrole du territoire français sont quant à elles toujours paralysées par une grève.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la France dispose actuellement de 90 jours de stocks pétroliers stratégiques. Le pays aurait par ailleurs commencé à puiser dans ses stocks industriels qui représentent environ 30 jours de consommation.

Paris ne tolérera pas de pénurie

Un camionneur français manifeste contre la réforme des retraites. Un camionneur français manifeste contre la réforme des retraites.  Photo :  AFP/Bertrand Langlois

Le gouvernement du président Nicolas Sarkozy a de son côté assuré les Français dimanche qu'il n'y aurait pas de pénurie de carburant dans le pays. Paris a prévenu les grévistes qu'il ferait débloquer les dépôts de carburant si cela s'avérait nécessaire.

Le ministère de l'Intérieur a néanmoins annoncé lundi la mise sur pied d'un « centre interministériel de crise » pour assurer « la pérennité du ravitaillement en carburant » dans le pays.

Les camionneurs ont aussi transporté leurs moyens de pression sur les routes. Une série d'opérations escargot (ralentissement volontaire de la circulation) a provoqué des bouchons de circulation monstres aux abords des grandes villes françaises.

Les services des transports en commun ainsi que des trains étaient également perturbés lundi matin par des grèves ou des occupations, créant de nombreux retards et d'importantes perturbations sur le réseau ferroviaire français.

Le ton monte dans les rues

Des jeunes se tiennent devant un véhicule incendié à Nanterre, près de Paris. Des jeunes devant un véhicule incendié à Nanterre, près de Paris.  Photo :  AFP/Thomas Samson

Les étudiants de plus de 250 lycées dans le pays ont aussi débrayé lundi pour protester contre la réforme des retraites. Des affrontements entre des groupes d'étudiants et des policiers ont été rapportés dans plusieurs villes. À Lyon, un millier de jeunes ont affronté les forces de l'ordre. Des abribus ont été saccagés, des voitures renversées et incendiées. Les agents ont procédé à une quinzaine d'arrestations, selon la police de Lyon.

Le ciel s'assombrit

Lundi matin, le syndicat CGT d'Air France a appelé tous ses syndiqués à la grève mercredi dans les principaux aéroports du pays. Les responsables du plus important syndicat d'Air France ont expliqué aux médias qu'ils n'appelaient pas au blocage systématique des aéroports du pays, mais qu'ils n'écartaient pas cette possibilité.

La Direction générale de l'aviation civile a pour sa part demandé aux compagnies aériennes de réduire leurs programmes de vols d'au moins 30 % dans les aéroports métropolitains de France et de 50 % à Orly.

Ce mouvement de contestation qui s'amplifie en France a commencé cet été après le dépôt d'un projet de loi par le gouvernement Sarkozy qui repousse de 60 à 62 ans l'âge légal de la retraite en France à partir de 2018.

Le projet de loi, qui est actuellement à l'étude au Sénat français, doit être l'objet d'un vote décisif des sénateurs mercredi.

En complément

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants