Le Canada et la Russie s'en remettent à l'ONU

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Les ministres canadien et russe des Affaires étrangères, Lawrence Cannon et Sergueï Lavrov. Les ministres canadien et russe des Affaires étrangères, Lawrence Cannon et Sergueï Lavrov.  Photo :  AFP/Dmitry Kostyukov

Les ministres canadien et russe des Affaires étrangères affirment qu'il appartient à l'ONU de déterminer, sur des bases scientifiques, à qui appartiennent les fonds marins convoités de l'Arctique.

Les ministres russe et canadien des Affaires étrangères s'entendent pour dire qu'il appartient à l'ONU de déterminer à qui appartiennent les fonds marins de l'Arctique, potentiellement riches en hydrocarbures.

« Le Canada et la Russie ont convenu de respecter les ententes des Nations unies [qui prévoient un arbitrage dans les dossiers présentés par les différents pays] », a déclaré le ministre canadien, Lawrence Cannon, lors d'une conférence de presse commune à Moscou avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

M. Cannon a rappelé que le Canada avait « déposé bien évidemment la recherche scientifique que nous avons recueillie notamment au sujet de la dorsale de Lomonosov, et nous sommes confiants ».

La Russie, qui a déposé son dossier en 2001, considère comme une extension de son plateau continental la dorsale de Lomonosov, une chaîne de montagnes sous-marine qui s'étend du Groenland à la Sibérie.

Le ministre russe Sergueï Lavrov a affirmé que son pays était d'accord avec le Canada « pour dire qu'il faut régler ces questions sur le fondement de la convention sur le droit de la mer ».

Il a précisé que la dorsale de Lomonosov « a été découverte par des explorateurs russes, mais la question est aujourd'hui de prouver qu'elle constitue le prolongement de notre plateau continental ».

« Tout cela doit être fondé sur des faits prouvés scientifiquement, qui seront examinés par la commission [de l'ONU]. Alors, on décidera qui a raison et qui a tort », a déclaré M. Lavrov.

Pour en savoir plus sur le règlement sur les émissions de GES au Québec

Le Canada réaffirme sa souveraineté en Arctique

Lors d'une tournée dans le Grand Nord fin août, le premier ministre Stephen Harper avait insisté sur la souveraineté du Canada dans la région.

Jeudi à Moscou, Lawrence Cannon a rappelé qu'Ottawa allait exercer cette souveraineté par « une présence robuste des forces canadiennes ».

Les relations entre la Russie et le Canada ont connu un certain froid après que des explorateurs russes eurent planté, en 2007, un drapeau de leur pays dans les fonds de l'Arctique.

L'exploitation d'hydrocarbures dans 12 à 15 ans ?

L'Arctique en septembre

Par ailleurs, le ministre russe des Ressources naturelles, Iouri Troutnev, a indiqué mercredi que l'exploitation des gisements présumés d'hydrocarbures en Arctique ne pourra commencer que dans 12 à 15 ans, donc pas avant 2022.

La Russie et la Norvège ont signé un accord sur la délimitation de leur frontière maritime, ce qui ouvre la voie à la levée du moratoire de 30 ans sur l'exploitation de gisements gaziers et pétroliers du plateau continental arctique sur un territoire litigieux de 176 000 kilomètres carrés.

Cet accord doit être ratifié par les parlements des deux pays avant d'avoir force de loi.

Une région convoitée

L'Arctique est au centre des convoitises de cinq pays riverains : les États-Unis, la Russie, le Canada, la Norvège et le Danemark. La région pourrait receler 13 % des réserves de pétrole et 30 % des réserves de gaz naturel non découvertes de la planète, selon les géologues de l'Institut de surveillance géologique des États-Unis.

De plus, la disparition des glaces dans cette région du globe en raison du réchauffement climatique laisse entrevoir la possibilité de l'ouverture des passages du Nord-Ouest et du Nord-Est entre l'Atlantique et l'Asie. Plus courtes que celles de Suez ou de Panama, ces routes présentent un intérêt commercial et industriel important pour les pays qui les contrôleront. En outre, elles permettront l'exploitation de gisements de pétrole et de minerais jusqu'ici hors d'atteinte.

En complément

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook